Josée Jeffrey
Agence QMI
Voilà maintenant 10 ans que le mois d’octobre est proclamé « Mois de la planification de la retraite ». Cette période permet de sensibiliser les 25-45 ans et de les inciter à commencer le plus tôt possible à planifier leur retraite et à économiser régulièrement les sommes qui leur assureront une meilleure sécurité financière.
Dans les prochaines chroniques, j’aborderai essentiellement des éléments permettant d'atteindre des objectifs de retraite réalisables et quantifiables.
Les dépenses que vous assumez lorsque vous êtes sur le marché du travail ne sont pas nécessairement les mêmes lorsque vous êtes à la retraite. Commençons par une variable de base parfois difficile à évaluer et souvent surestimée: le coût de vie à la retraite.
Voici, en 5 étapes, les moyens d’établir votre budget à la retraite:
1) Analyser votre situation actuelle
Déterminez les dépenses de votre train de vie actuel. Si vous ne savez pas ce que vous dépensez aujourd’hui, comment saurez-vous ce qu’il vous manque pour combler vos besoins à la retraite? Vous avez des enfants? Ces dépenses sont souvent inestimables par le fait que vous ne prévoyez pas l’âge où ils atteindront leur autonomie financière. Ne considérez plus ces dépenses dans votre budget de retraite.
2) Dresser un tableau de vos obligations financières
Attardons-nous sur le remboursement de l’hypothèque seulement. Il est fort probable que c’est le poste le plus important dans votre budget actuellement. Plusieurs d’entre vous auront remboursé intégralement cette charge financière lors du départ à la retraite. Enfin, je l’espère. Le remboursement de cette dette viendra donc alléger votre budget à la retraite.
3) Comparer votre budget actuel et celui prévu à la retraite
Maintenant que vous avez fait l’exercice d’identifier les postes de dépenses actuels et vos obligations financières, refaites le même exercice avec les dépenses prévues à la retraite. N’oubliez pas toutes ces charges sociales, les repas du midi au restaurant ou les frais de déplacement pour vous rendre au travail que vous ne paierez plus lorsque vous serez retraités.
4) Définir vos projets à la retraite
Il ne faut pas oublier qu’à la retraite le poste de vacances ou loisirs risque d’augmenter. Il importe de bien planifier ces dépenses en établissant un budget qui tiendra compte de toutes ces nouvelles réalités.
Toutefois, ces loisirs pourraient ne pas être aussi dispendieux qu’on le croit. Certes, il y a les voyages, mais certains profiteront de leur retraite pour réaliser leur rêve ou leurs projets reportés depuis si longtemps entre autres, suivre des cours de peinture, de photographie ou de chant. D’autres s’adonneront à leurs activités sportives préférées telles que le golf, le ski, le vélo ou les randonnées pédestres. Toutes ces activités peuvent se faire à moindre coût, avec des forfaits, dès que vous avez un équipement adéquat en main.
Prendre sa retraite ne veut pas dire pour autant se retirer complètement dans le confort de son foyer. Cela veut aussi dire repenser sa vie autrement, organiser ses journées, s’impliquer socialement. Certains vous diront qu’un agenda est nécessaire à la retraite.
5) Épargnez tôt!
Faites de l’épargne votre priorité dès votre plus jeune âge et profitez plus de la vie pendant les années avant la retraite. Vous vous sentirez moins oppressés devant un délai trop court pour accumuler les fonds nécessaires pour partir à la retraite. Ainsi, vous ne serez pas obligés, comme bien des gens, de restreindre vos dépenses pendant ces années cruciales.
Dès vos premiers revenus, programmez un prélèvement automatique de votre compte bancaire dans un placement REER. Continuez ainsi et résistez à toutes envies de retirer des sommes de vos REER, si nécessaire. Par exemple, si vous cotisez 2600 $ annuellement, soit un montant de 50 $ par semaine pendant les 25 premières années de votre vie active et que vous cessez d’épargner à l’âge de 42 ans, votre pécule financier sera de 381 147 $ lorsque vous atteindrez l’âge de 65 ans (rendement de 5 %).
Par contre, si vous épargnez le même montant annuellement, mais que vous débutez votre plan d’épargne seulement à l’âge de 40 ans et vous cotisez pendant le même nombre d’années que notre premier exemple, soit 25 ans, votre capital accumulé à 65 ans sera de 250 567 $. Et si vous comptez vous rattraper en doublant la mise dès l’âge de 40 ans, il vous sera impossible de battre le capital accumulé de notre épargnant qui a débuté à l’âge de 18 ans. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Réinventons l’adage en disant plutôt: « La retraite sans tracas appartient à ceux qui épargnent tôt! »
Voilà! De toute façon, vous le savez, plus on gagne, plus on dépense. Bien entendu, avec l’espérance de vie qui augmente sans cesse, les dépenses de santé risquent de prendre une place importante dans votre budget. Pourquoi ne pas investir maintenant dans votre façon de vivre et votre alimentation pour diminuer les frais de médicaments et d’autres soins de santé à la retraite?