Simon Lord
Argent
Washington devrait annoncer sous peu de nouvelles normes régissant la consommation de carburant des véhicules qui devraient se traduire indirectement par des économies d'essence pour les automobilistes canadiens. Ottawa doit faire plus, disent des écologistes.
Selon ces nouveaux standards, les voitures et petits camions devront diminuer leur consommation d'essence de 6,63 litres aux 100 kilomètres en 2017 à 4,33 en 2025. En 2011, la norme était de 8,62 litres aux 100 kilomètres.
Dans les faits, le Canada n'aura d'autre choix que de suivre, ni plus ni moins, les règles édictées aux États-Unis, estiment les experts du milieu automobile.
« Le marché canadien est très petit. Le moins que l'on puisse dire, c'est que notre pouvoir de négocier des normes différentes est très limité. Les constructeurs ne développeront pas une nouvelle mécanique pour nous », explique Marc Bouchard, chroniqueur automobile d'Autonet.
Les automobilistes canadiens profiteront donc de ces normes en voyant leur consommation d'essence diminuer, ajoute-t-il.
La consommation d'essence reliée à l'utilisation routière, aux États-Unis, pourrait chuter jusqu'à 18% entre 2017 et 2060, selon une étude sur les effets environnementaux de la National Highway Traffic Administration, un organisme gouvernemental américain.
13 500 piscines olympiques
Si les effets sont similaires au Canada, les automobilistes seront gagnants. L'an dernier leur consommation d'essence a atteint des sommets depuis vingt ans.
Les ventes nettes d'essence destinées aux véhicules automobiles, au Canada, ont atteint 40 milliards de litres en 2011, selon Statistique Canada. C'est environ 13 500 piscines olympiques. En 1993, la quantité s'élevait plutôt à 32,5 milliards. Au cours de cette même période, la consommation passait de 7 à 8,4 milliards de litres au Québec.
Les ventes nettes de carburant diésel destinées aux véhicules, elles, sont passées de 9 à 17,8 milliards de litres au niveau canadien entre 1993 et 2011. Au Québec, la quantité est passée de 2,3 à 3,1 milliards.
Des normes canadiennes?
Présentement, la Canada n'impose aucune norme qui soit réellement restrictive pour les fabricants automobiles. Si les normes américaines sont un pas dans la bonne direction, elles ne vont pas assez loin, estime André Bélisle, président de l'Association québécoise de la lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA).
« Il faut que le Canada mette sur pieds ses propres règles et impose des normes plus sévères encore. La réduction de la consommation des véhicules est plus que souhaitable du point de vue environnemental », insiste-t-il.
Une réglementation plus sévère au Canada seulement aurait toutefois des conséquences négatives. Certains fabricants pourraient même quitter le marché, met en garde Marc Bouchard. André Bélisle est en désaccord.
« C'est l'inverse. Les fabricants américains, comme GM, continueraient d'opérer sur notre marché. Plutôt que de vendre de gros véhicules, ils mettraient de l'avant leurs marques européennes, moins énergivores, comme Opel », estime le président de l'AQLPA.