Michel Munger
Argent
L'équité salariale fait l'objet d'une deuxième entente dans le secteur public québécois. Certains métiers feront l'objet de hausses dépassant 7%.
L'entente lie le Conseil du trésor et plusieurs syndicats liés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et à la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) en santé et éducation.
Plus de 40 000 employés dans une vingtaine de catégories d'emplois recevront des hausses rétroactives au 30 juin 2008, indique la CSN.
En 2006, une première entente était évaluée à 2,7 G$, pour des sommes rétroactives à 2001. Au moment de publier ces lignes, il n'a pas été possible de savoir combien coûtera l'entente de 2013 au gouvernement du Québec.
Pourquoi revenir sur l'équité salariale ?
«Des changements sont survenus dans le réseau de la santé et des services sociaux après 2001, explique Josée Marcotte, vice-présidente de Fédération de la santé et des services sociaux à la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Des plaintes de maintien de l'équité salariales ont été déposées. Nous prétendions que des emplois majoritairement féminins étaient touchés et que ça créait de nouvelles discriminations.»
Plusieurs professions sont concernées. Les infirmières premières assistantes en chirurgie, par exemple, recevront un ajustement de 7,14%. «C'est un montant rétroactif de plus de 12 000 $ [par personne], précise Mme Marcotte. Pour une préposée aux bénéficiaires, il s'agit de 2500 $. Ils varient selon la profession.»
En 2006, un écart salarial moyen de 6,5% avait été constaté au Québec, précise pour sa part Marie Rinfret, présidente de la Commission de l'équité salariale. «Le personnel de bureau était affecté par le plus gros pourcentage d'écart», ajoute-t-elle.
Selon la Commission, une entreprise sur trois estime avoir constaté une discrimination salariale dans ses rangs.
Mme Rinfret ne veut toutefois pas attribuer cette réalité à la mauvaise foi. «Ce n'est pas parce que l'exercice d'équité est fait que la discrimination ne peut pas se réintroduire. C'est inconscient. Ce sont des pratiques involontaires. Les emplois évoluent. Il faut toujours les réévaluer.»
À cette fin, la commission permet depuis 2011 aux entreprises comptant au moins 10 employés de lui faire une déclaration en ligne.
«La moitié des entreprises ont rempli la déclaration, ce qui est très satisfaisant pour la première année, précise Marie Rinfret. Sur cela, 65% nous ont dit qu'elles ont fait leur exercice d'équité.»
Encore faut-il dire la vérité et éviter les erreurs…
«La Commission a redémarré son programme de vérification, répond Mme Rinfret. Nous avons écrit aux employeurs et nous avons une excellente réception auprès d'eux. Ils constatent lorsqu'ils sont dans l'erreur et ils font des corrections. Nous pouvons rendre des décisions pour leur demander de compléter l'exercice d'équité et nous leur offrons du soutien.»
Le 1er janvier 2014 est considéré comme la prochaine date clé en matière d'équité salariale pour la Commission, qui entend multiplier les rappels pour arriver à ses fins.