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L'empire de Tony Accurso
Agence QMI
L'ex-homme d'affaires Tony Accurso, dans l'eau chaude alors que plusieurs accusations criminelles pèsent sur lui, affirme n'avoir «rien volé à personne», qualifie le témoignage de Lino Zambito à la Commission Charbonneau de «diarrhée verbale» et ajoute qu'il tient à ce que son entreprise demeure la propriété de Québécois.
Alors qu'il a annoncé mardi qu'il quittait les entreprises qu'il dirigeait jusqu'alors , l'homme se confie, dans une entrevue accordée au quotidien «La Presse», pour la première fois depuis le début de la saga dans laquelle il est plongé.
M. Accurso se défend de s'être développé au profit d'autrui. «Je n'ai jamais rien volé à personne. J'ai travaillé comme un chien sale toute ma vie pour bâtir cette affaire-là. Et j'en suis extrêmement fier.»
L'ancien homme d'affaires affirme aussi qu'il a choisi de quitter son empire pour que celui-ci puisse continuer à progresser. «Compte tenu de ce qui se passe, les entreprises ne peuvent plus continuer à grandir avec moi comme responsable.»
Quant à savoir qui dirigera ses 63 entreprises et plus de 3500 employés, M. Accurso envisage toutes les possibilités, sauf une : celle que ses enfants, tous ingénieurs, reprennent le flambeau.
La fusion, le morcellement ou la vente sont donc des options envisagées, se disant cependant prêt à «tout faire pour que ça reste au Québec. […] C'est le joyau du Québec, la meilleure compagnie de construction », jure-t-il.
L'«écoeurant» témoignage de Lino Zambito
Incriminé dans plusieurs stratagèmes de collusion par l'ex-entrepreneur Lino Zambito lors de son témoignage à la Commission Charbonneau, M. Accurso ne ménage pas ce dernier dans ses propos. «Tant qu'à moi, Lino Zambito fait un esti de paquet de diarrhée verbale. Mais à la longue, tout le monde va être capable d'avoir son mot à dire pour expliquer la situation», a-t-il lâché à «La Presse».
Quant à savoir s'il témoignera lui-même à la Commission, Tony Accurso s'est contenté de dire qu'il verra si les procureurs le convoquent.
Accusé dans plusieurs affaires
L'homme d'affaires fait l'objet de plusieurs accusations criminelles. En avril dernier, il a été arrêté par l'Union permanente anticorruption avec 15 autres personnes pour avoir présumément truqué des contrats sur la couronne nord. En août, la GRC l'a arrêté à son tour parce qu'il aurait, avec trois autres personnes, mis au point un système pour éviter de payer environ trois millions $ d'impôt au fédéral. Il fait maintenant face à des accusations criminelles de fraude, de fabrication et usage de faux documents, de complot et d'abus de confiance dans ces deux affaires.
En janvier dernier, deux de ses entreprises avaient écopé des plus importantes sanctions jamais imposées par la Régie du bâtiment du Québec en matière d'évasion fiscale. Construction Louisbourg et Simard-Beaudry Construction avaient perdu leur licence d'entrepreneur en construction à compter de février dernier.
Au début octobre, Revenu Québec a aussi mené des perquisitions chez des entreprises de Tony Accurso. Il pourrait être accusé au civil ou au criminel, selon la preuve qui a été recueillie.