Denise Proulx
Argent
Les agriculteurs québécois demeurent largement propriétaires des terres agricoles du Québec. Par contre, des investisseurs privés et institutionnels se préparent à entrer dans le marché avec des stratégies d'affaires inventives.
Actuellement ces investisseurs privés ne détiennent que 2 % des terres agricoles, mais planifient doubler leurs investissements d'ici quelques années. « On est loin de la prise de contrôle par des étrangers », affirme Jean-Philippe Meloche, économiste et professeur à l'Institut de l'urbanisme de l'Université de Montréal et co-signature d'une étude réalisée par le centre de recherche CIRANO.
« Face au faible taux d'intérêt, des investisseurs cherchent des substituts. Tant que cette conjoncture va durer, il va y avoir un intérêt pour les terres agricoles », poursuit le chercheur.
Plusieurs intervenants du milieu agricole demeurent néanmoins inquiets quant à la possibilité que des investisseurs s'accaparent rapidement des parts importantes du marché des terres agricoles au Québec.
Les auteurs de l'étude indiquent néanmoins que la crainte n'est pas fondée. Ils suggèrent au gouvernement de suivre néanmoins l'évolution du phénomène et de le documenter lors de l'enregistrement des transactions au registre foncier.
« Dans le contexte actuel, si le phénomène prenait de l'ampleur, nous ne le saurions pas. C'est pourquoi nous recommandons au ministre Gendron de mettre en place les mesures pour suivre le phénomène », dit le chercheur au CIRANO.
Dans un contexte où le marché des terres agricoles serait accaparé par des financiers, les chercheurs prédisent qu'il faudra s'attendre à ce que la location des propriétés prenne plus d'importance et devienne un mécanisme utilisé pour consolider les exploitations actuelles désireuses de prendre de l'expansion.
« Une réflexion s'impose alors sur la pertinence d'encadrer l'établissement de baux de location comme cela s'observe dans plusieurs pays », précise Jean-Philippe Meloche.