Michel Munger
Argent
Le géant des télécoms Telus (T) n'entend pas se laisser intimider par le fonds de couverture Mason Capital. L'entreprise reviendra à la charge afin de convertir ses actions sans droit de vote en actions ordinaires.
Le projet, retiré plus tôt cette année, était mis en péril par Mason. Ce fonds de couverture new-yorkais menaçait de le faire rejeter lors d'un vote d'actionnaires. Mason détient presque 20% de Telus. Elle affirme que la conversion des titres diluerait la valeur de sa participation.
En conférence téléphonique sur ses résultats du deuxième trimestre, la direction de l'entreprise de Vancouver n'a pas mâché ses mots.
Robert McFarlane, chef des finances, a indiqué se soucier de ses actionnaires, «ce qui est le contraire d'un fonds de couverture qui veut faire de l'argent, et qui en a probablement fait, en vendant notre action à découvert ces quatre derniers mois. Nous allons revenir plus tard avec une proposition [de conversion des actions] et c'est le point important à retenir.»
D'autre part, M. McFarlane signale son désaccord persistant sur la lecture que Mason fait concernant l'actionnariat de Telus. Le fonds doute que l'entreprise respecte les règles canadiennes de propriété étrangère en télécoms. La compagnie rétorque que ses données ne sont pas fiables.
«Nous avons rapporté qu'à la fin de juin, dit le chef des finances, 32,59% de nos actions à droit de vote étaient détenus par des non-canadiens, sous la limite fédérale du tiers. Cela inclut la participation de Mason Capital.»
Profits en hausse et clients fidèles
Par ailleurs, Telus a levé le voile en matinée sur les chiffres de son deuxième trimestre.
Ses profits ont monté légèrement pour s'élever à 328 M$ ou 1 $ par action. Les revenus ont progressé de 4,3% à 2,67 G$. Les marges ont augmenté de 2,1 points pour s'établir à 44,2%.
La plus importante activité, soit la téléphonie sans fil, a permis d'ajouter 112 000 abonnés nets pendant le trimestre. La facture moyenne par client a monté de 2,4% à 60,29 $ avec la croissance des données.
Les clients de Telus sont aussi plus fidèles qu'avant. Le taux de désabonnement a reculé de 0,28 point à 1,39%, le meilleur résultat depuis 2007. Conséquemment, les dépenses de rétention des abonnés ont reculé de 4%.
«Nos chiffres robustes sur le taux de désabonnement nous ont permis de ne pas réagir trop grandement aux offres promotionnelles de nos concurrents», confirme Robert MacFarlane.
Les téléphones intelligents comptent maintenant pour 59% des abonnements aux services post-payés chez Telus.
L'iPhone la plus grande atttraction, suivi par Android, indique Joe Natale, chef de la commercialisation. «Apple a bien fait pendant ce trimestre. L'intérêt envers l'iPhone est encore là dans nos magasins. Nous portons aussi beaucoup d'attention sur la rétention de ces clients.»
Enfin, Telus a relevé ses prévisions de revenus de 50 M$, pour une fourchette située entre 10,75 G$ et 11,05 G$. Toutefois, ses prévisions de bénéfice par action de base sont demeurées inchangées, dans une fourchette de 3,75 $ à 4,15 $ par action.