Étienne Laberge
Agence QMI
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a dû défendre une hausse de taxe de 3,3 % dans son budget déposé mardi; une position difficile à tenir puisque plusieurs lui reprochent d'avoir fermé les yeux sur les millions $ dépensés en trop pour les travaux d'infrastructure depuis une décennie.
Ce devait être un budget «historique» selon les termes de l'administration Tremblay puisque la nouvelle méthode de calcul alloue des millions $ de plus aux arrondissements en 2013, ce qui leur confère davantage d'autonomie.
Les histoires de mafia, de fonctionnaires corrompus et d'élus qui reçoivent de l'argent liquide qui ont été divulguées à la commission Charbonneau, ont toutefois été au cœur des questions posées au maire Tremblay.
La hausse de taxe de 3,3 % comprend celle de la taxe foncière (2,2 %) et celle du Fonds de l'eau (1,1 %).
Ceci permettra de dégager une enveloppe globale de 4,87 milliards $, une hausse de 2,7 % par rapport à l'an dernier.
107 $ par maison
Concrètement, la hausse de taxe annoncée par l'administration Tremblay, la quatrième en quatre ans, signifie 107 $ de plus pour une maison unifamiliale d'une valeur moyenne de 344 000 $.
«C'est vrai qu'on parle souvent des quatre dernières années, mais sur une période de 12 ans, nous sommes toujours en bas de l'inflation», s'est vivement défendu le maire à propos d'une hausse abusive.
Ce chiffre est toutefois sujet à variation selon les arrondissements. Celle-ci peut atteindre 130 $ (4,9 %) par année comme c'est le cas dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.
Dans Plateau-Mont-Royal, la situation est pire avec 5,7 % d'augmentation. Il faudra également compter une hausse de 4,6 % dans le Sud-Ouest et de 4,1 % dans Rosemont-La Petite-Patrie et Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension.
La sécurité et la dette
La plus grande part des deniers publics ira à la sécurité publique qui accapare 21,3 cents par dollar dépensé. Cela comprend les forces de police, le service incendie et la sécurité civile.
Environ 686 millions $ seront ainsi consacrés au Service de police de Montréal et 348 millions $ au Service de sécurité incendie.
La Ville accorde également 401 millions $ à la Société de transport de Montréal et verse 54 millions $ à l'Agence métropolitaine de transport (AMT).
Ensuite vient le service de la dette, 15,8 cents, haut lieu de discorde des partis de l'opposition puisque, disent-ils, cette catégorie comprend le gonflement des factures des entrepreneurs en construction.
Les charges corporatives englobent quant à elle 11,3 cents, une catégorie qui inclut l'épineuse question des régimes de retraite.
L'administration Tremblay se targue toutefois d'économiser 6 millions $ par année grâce à une entente avec les syndicats.
Ce petit redressement n'a pas empêché le maire d'y aller d'un appel à l'aide aux deux paliers de gouvernements, pour qu'ils délient les cordons de la bourse.
Si rien n'est fait, a averti le maire, les finances de Montréal péricliteront davantage.
Montréal a un déficit annuel à combler de 700 millions $ pour assainir ses finances.