Jean-Luc Lavallée
Agence QMI
« M. [Nicolas] Marceau et moi, avec le Conseil des ministres, avons pris cette décision-là ensemble et nous croyons que c'était la meilleure avenue à privilégier compte tenu de notre statut minoritaire (et) étant donné qu'il y avait des impacts qui ont été davantage évalués sur la question des gains en capital et des gains sur dividendes », a-t-elle déclaré lors d'un point de presse, vendredi, en début de soirée à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC).
Appelée à commenter pour la première fois le plan de son gouvernement, dévoilé par le ministre des Finances il y a quelques jours, Mme Marois a affirmé qu'elle avait « respecté ses engagements » en agissant de la sorte.
« Pour moi, c'est essentiel et je ne crois pas que c'est d'aller trop vite que de dire que nous voulons les respecter », a-t-elle plaidé.
Le PQ prônait l'abolition de la contribution santé de 200 $ par adulte. Or, une fois au pouvoir, le gouvernement Marois s'est ravisé. La rétroactivité controversée des hausses d'impôts, des gains en capital et des dividendes ne tient plus pour 2012. La taxe santé demeure effective pour l'année 2012 et, dès 2013, elle sera modulée fonction du revenu.
« A contrario, notre position portait sur le fait que c'était une taxe profondément régressive, qu'elle s'appliquait à tous de la même façon, que le revenu soit de 30 000 $, 50 000 $ ou 1 million $, a-t-elle rappelé. Nous introduisons de la progressivité dans l'application de la taxe, nous soulageons 900 000 Québécois qui ne paieront aucune taxe santé et nous améliorons le sort de plus de 2 millions de Québécois qui vont payer la moitié de ce qu'ils payaient. Alors c'est un pas dans la bonne direction, ça respecte les principes que nous avions énoncés. »
Aide humanitaire aux Congolais
Se disant « sensible à la détresse des femmes et des enfants » victimes des « horreurs de la guerre » en Afrique, Mme Marois a profité de sa visite en RDC, avant l'ouverture du Sommet de la Francophonie, pour distribuer des chèques totalisant 375 000 $ à des organisations humanitaires, soit 250 000 $ à Oxfam-Québec, 75 000 $ à Handicap International et 50 000 $ à Développement et Paix.
Le Québec souhaite occuper la place d'Ottawa qui s'est désengagé envers l'Afrique au fil des ans. « Nous allons continuer d'y être et si [le Canada] y est moins, on y sera plus », a déclaré la première ministre, qui s'est aussi entretenue avec des opposants au régime Kabila et le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf.