Argent
Comme chaque fin d'année, la chaîne Argent a demandé à trois des économistes les plus en vue au pays de tracer leur bilan de l'année 2012.
François Dupuis du Mouvement Desjardins, Stéfane Marion de la Banque Nationale et Carlos Leitao de la Banque Laurentienne se sont prêtés au jeu.
Ils ne sont pas d'accord sur tout, mais les trois économistes s'entendent sur une chose : les taux d'intérêt au Canada vont rester au plancher pour la prochaine année.
Selon François Dupuis du Mouvement Desjardins, l'inflation va demeurer très faible et la croissance économique a déjà été revue à la baisse. De plus, les consommateurs sont encore très endettés ce qui lui fait dire que les arguments pour monter les taux d'intérêt ne sont pas là.
Selon lui, il va falloir attendre le premier semestre de 2014 avant de voir les taux monter au Canada et ce sera très minime et très progressif étant donné que la Fed a déjà indiqué qu'il n'y aurait pas de hausses de taux avant 2015.
«Ça ne devrait pas bouger, les banques centrales vont continuer, notamment la Fed, à acheter massivement, durant 2013», estime M. Dupuis.
Pour sa part, l'économiste en chef de la Banque Laurentienne, Carlos Leitao, a souligné que la crise financière, survenue en 2008, a déstabilisé le système financier mondial.
«Ça prend beaucoup de temps pour remettre tout en place, a-t-il affirmé. Entre-temps, les banques centrales doivent être extrêmement prudentes. Ici, on n'a pas besoin de se lancer dans des opérations d'impression d'argent. Mais la Banque du Canada ne veut pas être forcée de baisser les taux. Si on baisse le taux directeur à moins de 1 %, il y a toutes sortes de stress financiers qui se développent. On rentre une zone où on ne veut pas aller.»
Quant à l'économiste en chef de la Banque Nationale, il n'est pas impossible que la Banque du Canada baisse ses taux en 2013.
Stéfane Marion a noté que l'inflation est en baisse au Canada et que le prix des maisons pourrait diminuer en 2013. La Banque du Canada pourrait devoir réagir avec une baisse de taux afin de stimuler davantage l'économie.