Diane Tremblay
Agence QMI
Pas moins de 11 % des mégots de cigarettes prélevés sur le terrain de l'édifice du ministère du Revenu, à Québec, rue de Marly, proviennent de tabac de contrebande.
«C'est scandaleux! S'il y a une gang qui devrait être à zéro, c'est bien eux», a réagi, hier, M. Odina Desrochers, conseiller régional pour l'Association canadienne des dépanneurs en alimentation (ACDA).
Depuis quelques années, l'ACDA mène une étude sur les mégots de cigarettes pour détecter les lieux où l'on fait usage de tabac de contrebande.
Cette année, elle a confié cette tâche à la fir me indépendante NIRIC qui a prélevé au moins 150 échantillons de façon anonyme sur chaque site. Au Québec, 75 endroits ont été visités.
Résultats surprenants
Les résultats sont surprenants. À l'Assemblée nationale, 8 % des mégots analysés en laboratoire proviennent de tabac de contrebande.
«C'était derrière les limousines des ministres. C'est là qu'on voit que la contrebande s'infiltre partout», a ajouté M. Desrochers.
À l'Hôtel-Dieu de Québec, 25 % des mégots sont issus de la contrebande. Ce pourcentage s'élève à 17% le long des trottoirs de la Grande Allée.
Dans l'embarras
Cette étude place le ministère du Revenu, chargé de faire respecter la Loi sur l'impôt sur le tabac, dans l'embarras.
«Tout ce qui est contrebande, on prend ça au sérieux, peu importe où. C'est certain qu'il y aura des actions qui seront prises au sein du ministère pour rappeler aux gens que c'est illégal et les informer des conséquences d'utiliser du tabac de contrebande», a déclaré M. Mathieu St-Pierre, attaché de presse du ministre du Revenu.
L'usage du tabac de contrebande peut entraîner une amende de 350$ à 7500$ pour une première offense et de 1000$ à 25 000$ en cas de récidive.
L'an dernier, 441 dépanneurs ont fermé leurs portes au Québec dont 39 dans la région de la Capitale nationale. Selon l'ACDA, le tabac de contrebande est en grande partie responsable. C'est pourquoi l'association demande au gouvernement et aux députés d'intervenir pour diminuer ce fléau. À certains endroits, la contrebande peut représenter jusqu'à 50% du marché. L'ACDA se donne comme mission de ramener cette proportion autour de 10%.
Au cours des prochaines semaines, L'ACDA entreprendra la tournée de 25 villes québécoises pour faire pression et solliciter l'engagement des députés dans l'atteinte de cet objectif.