Michel Munger
Argent
La minière Stornoway Diamond (SWY) prend en main le prolongement de la route 167 afin d'assurer l'accès à son projet de diamant Renard, dans le nord du Québec. Une nouvelle entente a été signée à cette fin avec le gouvernement provincial.
Dans le cadre de cet accord, Québec se décharge de l'engagement d'ajouter les 97 kilomètres des segments C et D à la route 167, selon les normes provinciales. Il assume toujours les travaux des deux premiers segments, A et B, qui font 143 km.
Stornoway prend le relais, en avril 2013, en construisant un chemin minier à voie unique. Elle reçoit un coup de pouce financier du gouvernement, qui allonge une facilité de crédit de 77 M$ à un taux d'intérêt de 3,25% sur 15 ans.
Lorsque Québec lui a signalé que les coûts du prolongement étaient trop importants, Stornoway s'inquiétait sur l'ouverture de sa mine, prévue pour 2015.
«Ça attaquait de front notre plan d'affaires parce que nous avons une fenêtre très courte pour exécuter certains travaux [en raison du climat], explique Patrick Godin, vice-président et chef de l'exploitation chez Stornoway. Notre échéancier risquait d'être reporté d'un an.»
«L'entente est bonne pour les deux parties, ajoute M. Godin. Il peut encore arriver des imprévus, mais de façon générale, nous avons le contrôle du calendrier.»
La nouvelle entente assure la continuité du plan d'affaires, mais elle représente une augmentation de 33 M$ des dépenses pour l'entreprise. L'État économise 124 M$ parce que les coûts sont moins élevés pour un chemin minier que pour une route provinciale.
Le projet Renard entraîne des investissements de 802 M$. Ses réserves probables sont évaluées à 18 millions de carats. Il est situé à environ 250 kilomètres au nord de la communauté crie de Mistissini et 350 km au nord de Chibougamau.
L'entreprise estime les retombées à 300 M$ en droits miniers et à 220 M$ de taxes de vente. Investissement Québec recevra aussi des redevances et dividendes. Elle détient 25% des actions en circulation par l'entremise de la société Diaquem Inc.
Renard est présentement à l'étape du financement avec un syndicat comprenant sept banques.
«Nous voulons débuter la construction lors du premier semestre de 2013, indique Patrick Godin. Le nombre d'emplois variera de 450 à 500 en période d'exploitation.»