Andrew McIntosh
Agence QMI
Des équipes d'agents de la Sûreté du Québec (SQ) ont perquisitionné jeudi après-midi le domicile du maire de Laval, Gilles Vaillancourt ainsi dans ses bureaux à l'hôtel de ville, dans le cadre d'une enquête criminelle majeure.
Des policiers de l'Escouade Marteau, de l'Unité permanente anticorruption (UPAC)se sont présentés vers 16 h à la résidence du maire, au 4673, croissant des Îles, à Laval, et dans ses bureaux municipaux du boulevard du Souvenir. Ils ont aussi effectué une perquisition dans les bureaux administratifs de la ville, boulevard Chomedey.
Leurs recherches se sont poursuivies durant les heures suivantes.
Selon des sources confidentielles, qui se sont confiées à l'Agence QMI, les policiers enquêtent sur l'octroi de plusieurs contrats importants par la Ville de Laval.
Une cinquantaine de policiers ont participé à la perquisition. M. Vaillancourt n'était pas présent à l'hôtel de ville ni à sa résidence lors de l'opération. Il participait à une activité reliée à ses fonctions.
Les employés de l'hôtel de ville ont dû quitter leurs bureaux pendant que les agents effectuaient leurs recherches.
M. Vaillancourt, qui occupe le poste de maire de Laval depuis 1989, a fait face depuis 2010 à de nombreuses allégations de fautes professionnelles et de méfaits. Il a rejeté à maintes reprises les affirmations selon lesquelles il s'était livré à du favoritisme, du financement électoral illégal et des manœuvres frauduleuses.
En novembre 2010, l'ancien député péquiste Serge Ménard de même que le député libéral de Vimont, Vincent Auclair, ont affirmé que le maire Vaillancourt avait offert il y a plusieurs années de les aider lors de leurs campagnes électorales.
Il leur aurait remis à chacun d'entre eux une enveloppe contenant des milliers de dollars, un geste qui, à leurs yeux, était une violation de la loi québécoise sur le financement électoral.
Le maire Vaillancourt a vigoureusement nié leurs affirmations.
« Je vais être très clair, je n'ai pas offert d'argent à M. Ménard, ni à M. Auclair, ni à aucun autre candidat prenant part à une élection provinciale ou fédérale », avait-il dit aux journalistes.
Il a déclaré qu'il poursuivrait ses détracteurs, qu'il accusait de répandre des calomnies contre lui.
Toutefois, M. Vaillancourt n'a jamais engagé de poursuites judiciaires contre personne.
En 2011, l'Agence QMI a révélé que des entreprises personnellement choisies par le maire Vaillancourt pour gérer l'ancienne carrière municipale - le Carré Laval - auraient utilisé pour 5 millions $ de fausses factures - dont 1 million $ obtenus auprès d'un trafiquant de drogue qui était sous les verrous - afin de frauder le fisc, selon des allégations de Revenu Québec.
L'Agence QMI a aussi rapporté l'an dernier que Dunton Rainville, un cabinet d'avocats montréalais qui comptait dans ses rangs l'avocat-conseil Jean Bertrand - un homme de confiance du maire Vaillancourt et de son Parti PRO des Lavallois - a obtenu plus de 25 millions $ en contrats de la Ville de Laval au cours des 12 dernières années.
Depuis 1999, Dunton Rainville a remporté cinq contrats pour la gestion des ressources humaines et pour des services juridiques de la Ville de Laval lors de ce qui semblait - à première vue - un processus public d'appel d'offres. Chaque fois, Dunton Rainville a toutefois été le seul soumissionnaire.
Pourquoi ? Les exigences des appels d'offres étaient si précises et si restrictives qu'elles semblent avoir favorisé Dunton Rainville, tout en décourageant les offres rivales, selon notre enquête.
Andrew McIntosh est le chef des enquêtes journalistiques à l'Agence QMI. On peut le joindre à andrew.mcintosh@agenceqmi.ca ou au 514-290-0922.