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Montréal détient la palme de la congestion matinale
Mélanie Loisel
Argent
La congestion matinale à Montréal coûte cher. Chaque heure de retard coûte en moyenne 90$ par camion et 15$ par travailleur au point où les coûts totaux de la congestion sont maintenant évalués à 2,8 milliard par année.
Voilà un argument de plus pour les travailleurs qui voudraient travailler de la maison. Mais est-ce possible ? Et comment ?
Depuis deux ans, Patrice Létourneau reçoit de plus en plus de demandes des entreprises pour faciliter la mobilité de leurs travailleurs. Le vice-président de Conseils ATELYA constate que les entreprises cherchent des moyens pour contrer notamment les retards liés à la circulation.
À son avis, le développement des systèmes numériques, des appareils intelligents et surtout, de l'infonuagique « cloud computing »permettra de favoriser davantage le télétravail dans un avenir rapproché.
« De nouveaux logiciels informatiques permettent maintenant aux travailleurs de communiquer et de partager leurs projets avec leurs employeurs et leurs collègues sans avoir à se pointer au travail », mentionne monsieur Létourneau.
La douzaine d'employés de Conseils Atelya va d'ailleurs rarement au bureau. Ils communiquent entre eux via Lync, un logiciel professionnel de clavardage, de vidéoconférence et de partage d'écran. Ils utilisent Openair pour tout ce qui concerne la gestion interne de l'entreprise (horaires, facturation, compte de dépenses) et se servent du logiciel Salesforce pour leur communication commerciale et leurs appels d'offres.
Ce trio de logiciels est une des solutions pour faciliter la mobilité des travailleurs. Les petites et moyennes entreprises, basées à Montréal, pourraient facilement envisager de mettre en place ce type d'outils pour permettre à leurs employés de traverser moins souvent les ponts.
Au cours des prochaines années, le développement de l'infonuagique devrait aussi sauver quelques heures de routes. Les entreprises utiliseront davantage des serveurs situés à l'extérieur de leurs boîtes, ce qui permettra à leurs employés d'avoir accès en tout temps aux données avec un simple accès internet.
Mais les grandes entreprises à Montréal ne sont pas encore prêtes à franchir ce pas pour des raisons de sécurité. « Les grandes compagnies ont souvent leur propre logiciel de données et elles sont encore très réticentes à rendre accessible leurs informations en ligne. Il faut donc que les employés aient accès à un ordinateur portable de la compagnie pour pouvoir travailler de la maison», explique monsieur Létourneau.
C'est le cas au Canadian National où certains employés peuvent travailler sur leurs dossiers sans avoir à se rendre au boulot.
« Il y a des ententes qui peuvent être prises entre un employé et son superviseur pour avoir accès à un portable qui lui permet d'être connecté à notre serveur, d'avoir accès aux fichiers, et à l'intranet à distance », affirme Louis-Antoine Paquin, le directeur des communications du CN.
Selon le président de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, Florent Francoeur, il n'y a toutefois pas de solution miracle pour désengorger Montréal à l'heure de pointe. Les entreprises doivent désormais adapter les horaires de travail pour qu'ils soient plus flexibles, permettre le télétravail ou encore ouvrir des bureaux satellites dans les banlieues de Montréal.
Une étude menée par The Telework Research Network en 2012 rapporte que 44 % des emplois seraient compatibles avec le télétravail, alors que seulement 5 % des employés se voient offrir des conditions de travail aménagées.