Olivier Bourque
Argent
C'est dans le très chic Club Saint-James à Montréal que SNC-Lavalin a convié plusieurs manufacturiers québécois mardi matin. La firme d'ingénierie cherche des partenaires et promet des contrats d'une valeur d'un milliard $ dans le Nord québécois pour les entreprises qui vont se qualifier.
La firme a elle-même remporté plusieurs mandats avec des minières dans le cadre du Plan Nord rebaptisé Le Nord pour tous. Elle souhaite donc trouver des manufacturiers notamment des fabricants d'acier pour les différents projets miniers.
Le Réseau de la transformation métallique du Québec (RTMQ) aide SNC à trouver des partenaires dans cette démarche. Selon elle, plusieurs membres québécois pourraient obtenir leur part du gâteau.
«Notre but c'est de sensibiliser au fait qu'il existe plusieurs entreprises d'ici qui peuvent devenir fournisseur dans le secteur des mines. Environ 50 à 75 % des achats sont reliés au métal», a indiqué Frédéric Chevalier, directeur-général du regroupement.
La rencontre s'est tenue discrètement dans le club, angle Union et boulevard René-Lévesque. Les entrepreneurs rencontrés à la sortie se sont toutefois montrés plutôt alléchés par l'ampleur des contrats de SNC.
«Oui, on a bon espoir. Si on va chercher 15 à 20 % des contrats, ce serait très bien pour nous. Il ne faut l'oublier, le Nord c'est un grand moteur de croissance», a indiqué Serge Fullum de l'entreprise Dubois Électrique.
«Nous travaillons déjà avec des entreprises qui font affaires dans le Nord. Donc on croit aussi qu'on peut décrocher différents contrats», a assuré Stéphane Audy, vice-président chez Berlie-Falco, un fabricant d'acier.
Difficulté à trouver des fournisseurs
Selon nos informations, il s'agit d'une manière innovatrice pour SNC d'entrer en contact avec des fournisseurs. Et elle ne serait pas étrangère au fait que la firme a de la difficulté à trouver des manufacturiers québécois.
Depuis le mois de mai, l'entreprise n'a déniché que sept fournisseurs pour les différents contrats. Elle doit en trouver une centaine sinon elle devra se tourner vers l'international.
«Nous avons jusqu'à juin pour remplir la demande. Mais on se rend compte qu'il y a beaucoup de demande mais peu d'offres. C'est bizarre, mais on ne sent pas d'engouement au Québec. Faudrait se réveiller», a indiqué un autre entrepreneur.
SNC-Lavalin qui est au centre de plusieurs allégations de fraudes fera aussi des rencontres à Québec afin de rencontrer d'autres manufacturiers.
Contacté sur ces rencontres, la firme québécoise n'a pas daigné nous répondre.