Jean-Louis Fortin
Le Journal de Montréal
Le géant de l'ingénierie et de la construction SNC-Lavalin (SNC)
tente de mettre la main sur les actifs de la firme Simard-Beaudry, liée à Tony Accurso. Cela lui permettrait entre autres de mieux se positionner pour obtenir le mégacontrat de reconstruction de l'échangeur Turcot, a appris Le Journal de Montréal.
Les pourparlers, qui se sont déroulés dans le plus grand secret au cours des derniers mois, sont arrivés à un moment charnière mardi après-midi, selon nos informations, alors qu'une rencontre derrière portes closes avait lieu à Montréal.
À l'issue de cette séance, rien n'a été signé, mais les négociateurs de chaque côté de la table sont repartis avec des documents à présenter aux administrateurs respectifs de chaque firme.
Une de nos sources nous indique que l'objectif est de conclure la transaction dans le but de la rendre publique entre le 26 décembre et le 1er janvier, pendant la période des fêtes.
Certaines entreprises qui ont des contrats avec Simard-Beaudry Construction se seraient également fait avertir qu'un changement se préparait pour le début de l'année 2012, mais que cela ne compromettrait en rien l'exécution des travaux.
Deux géants
SNC-Lavalin, dont le siège social est à Montréal, est considérée comme une des plus grandes firmes de génie au monde. Au Québec, elle est surtout reconnue pour sa gestion de projets d'envergure, notamment celui du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).
L'acquisition des actifs de Simard-Beaudry, un autre géant, mais spécialisé dans l'exécution des travaux sur le terrain, lui permettrait d'étendre son expertise.
«Être entrepreneur, c'est plus payant que d'être concepteur», a expliqué une personne bien au fait du dossier.
Turcot
Aussi, la SNC-Lavalin serait idéalement positionnée pour décrocher le contrat de réalisation de l'échangeur Turcot, qui sera le plus gros projet routier de l'histoire du Québec avec une valeur de 3 M$.
En effet, Simard-Beaudry Construction, dans sa forme actuelle, n'aurait pu participer à la construction du nouvel échangeur, puisqu'en vertu du projet de loi 35 sanctionné le 9 décembre dernier, elle ne peut soumissionner sur des contrats publics avant décembre 2015.
SNC travaille déjà sur le projet Turcot de puis longtemps, à titre de partenaire du ministère des Transports du Québec (MTQ) pour la réalisation de divers contrats reliés au maintien de l'échangeur actuel et à son remplacement.
Mais c'est la maîtrise d'oeuvre du projet de reconstruction comme tel qui est le plus gros morceau, et de loin. Trois ou quatre consortiums rivaux préparent aussi des réponses à l'appel de propositions lancé par le MTQ il y a trois semaines, selon des informations glanées sur le marché.
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SNC-Lavalin
Présidée par Pierre Duhaime, SNC-Lavalin est le géant québécois de l'ingénierie. Siégeant à Montréal, elle oeuvre dans 40 pays avec près de 24 000 employés.
Elle compte 16 champs d'activité, dont les télécoms, l'énergie, la gestion de projet, les infrastructures et les mines.
SES REVENUS ONT ATTEINT 6,3 G$ EN 2010
Son symbole est SNC à la Bourse de Toronto. Le titre a perdu du terrain depuis le début de l'année, passant de 58,99 $ à 47,27 $ hier après-midi.
SIMARD-BEAUDRY CONSTRUCTION
Simard-Beaudry et Construction Louisbourg sont des compagnies privées de construction qui comptent 2500 employés.
Liées à Tony Accurso, elles bâtissent des routes, des barrages, des infrastructures et des stations d'épuration.
Simard-Beaudry a été impliquée dans la construction de bon nombre d'installations appartenant à Hydro-Québec et dans les stations de métro de Laval. Selon Revenu Canada, le chiffre d'affaires était d'environ 250 M$ en 2008.
Simard-Beaudry et Louisbourg ont reconnu leur culpabilité, en décembre 2010, dans une affaire d'évasion fiscale de 4,1 M$.