Agence QMI
La fusion de la radio par satellite Sirius Canada, détenue à 40 % par CBC/ Radio-Canada, avec son homologue XM Canada, qui appartient à Canadian Satellite Radio Holdings, créera bientôt un nouveau géant dans le domaine de la radio par satellite.
Il ne reste d’ailleurs plus que quelques jours (jusqu’au 7 février) aux compagnies qui le souhaitent pour soumettre au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) leurs remarques et commentaires sur cette opération.
La fusion attend en effet le feu vert du CRTC qui organisera des audiences publiques en mars. Des audiences publiques auront lieu en mars et, si le Conseil donne son accord, la nouvelle compagnie verra le jour en juin.
Après le rapprochement de Sirius Canada et de XM Canada, le marché canadien de la radio par satellite sera dominé par un seul acteur, mais, selon plusieurs experts, cela ne devrait pas empêcher le CRTC d’autoriser la fusion.
Les deux compagnies ne devraient pas être en mesure d’établir une politique de prix qui désavantage le consommateur. La fusion devrait aussi être analysée dans le contexte plus large de l’industrie audio.
« Sirius et XM ont dépensé des millions pour se faire concurrence, alors qu’une menace bien plus grande venait des lecteurs MP3 », a expliqué Ken Wong, professeur de marketing au Queen's School of Business.
De plus, la fusion ne devrait pas avoir de conséquences pour les autres acteurs privés du secteur.
« Est-ce que les deux compagnies combinées vont offrir un produit plus attractif? Si vous n’êtes pas déjà abonné, je ne pense pas. Si je ne suis pas abonné maintenant, ce n’est pas la fusion qui va me convaincre de le faire », a ajouté M. Wong.
XM, qui a levé 55 millions $ en 2005 lors d’un appel public à l’épargne, a déclaré en août dernier une perte de 11,1 millions $ pour son dernier exercice.
CBC/Radio-Canada a qualifié Sirius de partenaire stratégique important qui lui permettra de diffuser ses contenus sur diverses plateformes.
Argent mal placé
Mais, selon Richard Paradis, spécialiste des médias et président du Groupe CIC, l’investissement de Radio-Canada dans Sirius Canada est de l’argent mal placé. «Depuis ses débuts, la radio satellite n’a fait aucun profit. Sans l’appui des manufacturiers automobiles, Sirius et XM auraient déjà fait faillite», souligne-t-il.
M. Paradis explique que la plupart des abonnements à la radio satellite proviennent de gens qui achètent une automobile et qui bénéficient d’un service gratuit pour un an, qu’ils ne renouvellent habituellement pas.
«Avec 26 chaînes de radio traditionnelles dans la région de Montréal, les gens ne sont pas désireux de payer 12 ou 13$ par mois pour avoir accès à d’autres chaînes. Il faut se demander ce que Sirius et XM offrent de plus», dit-il.
1,7 million d’abonnés
D’après les conditions de l'entente, les actionnaires détiendront 58 % de la nouvelle entité qui représentera environ 520 millions $, dont une dette à long terme de 130 millions $.
Après la fusion, la part de CBC/Radio-Canada détiendra 20,2 % des intérêts avec droit de vote (15 % du capital-actions).
La société fusionnée aura une clientèle totale de plus de 1,7 million d'abonnés. Sur une base de 12 mois, elle enregistrera des produits d'exploitation supérieurs à 200 millions $ et un BAIIA pro forma d'environ 7 millions $. Sa dette à long terme se chiffrera à près de 130 M$.
Avec la collaboration de Jean-François Cloutier.