Christian Lepage
Agence QMI
La Ville de Saint-Bruno-de-Montarville refuse d'accueillir un projet majeur de 70 millions $, qui pourrait créer jusqu'à 800 emplois.
L'entreprise, qui serait un fleuron de l'économie québécoise, veut implanter un siège social jumelé à un centre de distribution majeur de près de 600 000 pieds carrés.
«C'est énorme», affirment les propriétaires du terrain visé, Robert Mercier et Antoine Vanderzon. «La Ville lève le nez sur un projet majeur. En connaissez-vous beaucoup de municipalités qui refusent des projets semblables», s'étonnent les hommes d'affaires.
M. Mercier dit qu'il a tout fait depuis quelques semaines pour faire entendre raison à la Ville, en vain. Il s'est même rendu à la dernière séance du conseil municipal de Saint-Bruno pour demander au maire Claude Benjamin de reconsidérer sa décision.
Nom tenu secret
Le projet de l'entreprise, dont le nom est gardé secret pour le moment, nécessite un terrain de 2 à 2,5 millions de pieds carrés, soit l'équivalent de toute la superficie de terrain vacant situé entre le boulevard Clairevue Ouest, l'autoroute 30, la voie ferrée et le stationnement incitatif de la gare Saint-Bruno.
Les hommes d'affaires évaluent que le refus de Saint-Bruno d'accueillir ce projet prive la municipalité de revenus annuels de taxes de deux millions $.
«L'investisseur n'attendra pas longtemps et va se tourner vers d'autres municipalités de la Rive-Sud qui vont sauter sur le projet», soutient M. Mercier.
Question de circulation
À Saint-Bruno, les centres de distribution ne font pas partie des usages autorisés dans les deux parcs industriels, principalement pour des questions de circulation.
Le directeur du développement urbain de la Ville de Saint-Bruno, Jean Larose, dit avoir rencontré le mois dernier les dirigeants d'une grande compagnie pour l'implantation d'un projet majeur dans la section Écoparc du parc industriel.
«À cause du camionnage, on ne permet plus les centres de distribution sur notre territoire», précise M. Larose. «Selon les discussions que j'ai eues avec les dirigeants de cette entreprise, leur projet semble indissociable. Mais nous sommes quand même intéressés à accueillir leur siège social».
Saint-Bruno justifie sa décision en outre par le fait que le projet compromettrait le prolongement de la rue Jean-Talon, au sud du boulevard Clairevue Ouest, qui desservira le stationnement de la gare Saint-Bruno.
M. Larose estime que les centres de distribution comme celui de Costco aux Promenades Saint-Bruno ne sont pas les meilleures solutions pour développer une ville.
«La circulation y est difficile avec le nombre trop important de camions. Ce n'est pas ce que l'on veut quand on pense au développement d'une ville.»