Sophie Gauthier
Agence QMI
Les entreprises du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont une longueur d'avance lorsqu'il s'agit de décrocher des contrats ou de faire des affaires dans le Nord, selon Réjean Dancause, conseiller en stratégie d'affaires au Groupe Daucause qui compte partout au Québec.
Souvent, on entend parler du Saguenay-Lac-Saint-Jean comme la porte d'entrée pour les projets du Plan Nord. Au-delà du positionnement géographique à l'avantage du Saguenay-Lac-Saint-Jean, la culture de ses entrepreneurs joue aussi en sa faveur selon le conseiller en stratégie d'affaires qui cumule plus de 25 années d'expérience.
« Ce n'est pas nouveau, des projets dans le Nord, il y en a toujours eu, a dit M. Dancause. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ça fait longtemps que les entrepreneurs regardent vers le Grand Nord. »
Il ajoute que dans le cas des projets hydroélectriques, les entrepreneurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont déjà l'habitude de regarder où sont les projets à l'extérieur de la région.
« Ils sont plus prêts mentalement et aussi sur l'aspect « business », plus que bien des entreprises de la Côte-Nord. »
Compétiteurs de taille
Dans un article récemment publié dans le journal « Plein Jour de Baie-Comeau », M. Dancause a mentionné que la Côte-Nord n'était pas proactive dans la conquête du Nord.
« Votre région (la Côte-Nord), n'a pas dans ses habitudes de soumissionner dans de gros projets. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, cela fait partie du monde des affaires et de leurs habitudes. Ils aiment démontrer qu'ils réussissent ailleurs », a commenté M. Dancause.
L'idée de créer des alliances entre des entreprises, pour devenir de gros joueurs est aussi une marque de commerce de la région selon lui.
Problème de recrutement?
Lorsqu'il est question du développement du Nord, inévitablement il faut aborder l'aspect de l'emploi.
Les salaires élevés notamment dans le secteur minier peuvent entraîner un déplacement de la main-d'œuvre vers la Côte-Nord et causer quelques difficultés de recrutement dans d'autres régions, a expliqué M. Dancause.
« Ça va vous toucher un peu puisqu'il y a tellement d'attrait pour ces emplois-là, c'est tellement payant que même les emplois payants chez vous vont peut-être être touchés ».
Alors que plusieurs entreprises profitent de cette manne, il faut déjà penser à l'après selon l'expert.
M. Dancause travaille d'ailleurs déjà avec des entreprises de chez nous qui regardent à plus long terme. « La tendance est de suivre les donneurs d'ordre », a-t-il remarqué.
Il mentionne que la réalisation de contrats majeurs pour des clients comme Arcelor Mittal, par exemple, peut être une excellente carte de visite pour l'avenir.
« Ça marche, il y a des entreprises de chez vous qui ont reçu des invitations de leurs donneurs d'ordre pour aller en Argentine », a-t-il rapporté à titre d'exemple.