Denise Proulx
Argent
Toronto abolit l'utilisation du sac de plastique dans les commerces de la ville, malgré la controverse. Par contre, il est peu probable que les municipalités québécoises suivent son exemple. À Trois-Rivières, Québec et Montréal, aucun élu ne veut réglementer son utilisation.
A ce jour, quelques rares municipalités, dont Deux-Montagnes dans les Basses-Laurentides, ont interdit l'utilisation des sacs de plastique.
« On considère que ça regarde le gouvernement du Québec. C'est à lui de légiférer en ce sens », dit Yvan Toutant, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières.
« Je ne croirais pas que ce soit dans les plans du conseil municipal », dit de son côté Marjorie Potvin de la Ville de Québec.
Les élus se soucient d'évaluer les impacts d'une telle interdiction sur les commerces, avant de déposer une proposition de réglementation.
« Il faut faire une analyse approfondie. Se questionner sur le type de sacs à interdire, quels commerces devraient s'y conformer. On n'est réellement pas rendu là », dit Martine Pinchaud du cabinet du maire Gérald Tremblay de la Ville de Montréal.
À l'hiver 2009, la ministre de l'Environnement de l'époque, Line Beauchamp, s'était fixée l'objectif de réduire de 50% la mise en circulation des sacs de plastique d'ici 2012. Quelques semaines plus tard, elle avait clairement annoncé qu'elle ne taxerait pas les sacs de plastique et qu'elle en faisait une mesure volontaire.
Une compilation est actuellement en cours au MDDEP et les résultats feront l'objet d'une annonce cet été. « Pour le moment, tout porte à croire que l'objectif sera atteint », soutient Sophie Roy, du MDDEP.
Une volonté populaire
Dans les années 2000, Sobeys, propriétaire de la bannière IGA, remboursait une somme de 3 cents aux clients qui utilisaient leur propre sac réutilisable d'épicerie.
L'initiative a été transformée en 2008 en un Fonds éco-IGA d'un million de dollars par année, géré en partenariat avec l'organisme Le Jour de la Terre.
« On voyait que le remboursement n'avait pas d'incidence sur le geste des consommateurs qui avaient choisi de ne plus les utiliser. On a décidé de travailler avec nos marchands pour faire davantage pour l'environnement », dit Alain Dumas, directeur principal Affaires publiques. Le Fonds Éco-IGA soutient des initiatives citoyennes dans les municipalités où se trouvent leurs supermarchés.
Il estime que les marchands IGA distribuent 70% moins de sacs de plastique depuis 5 ans.
En 2007, les consommateurs québécois utilisaient entre 1,4 et 2,7 milliards de sacs par année pour faire leurs emplettes, soit entre 185 et 365 sacs par habitant.
Depuis le 1er janvier 2011, les sas de plastique sont interdits en Italie, ils sont remplacés par des sacs biodégradables ou en papier.