Jean-François Cloutier
Argent
L'Agence du revenu du Québec (ARQ) a émis des hypothèques légales sur des propriétés appartenant au magnat québécois de la pizza Michael Mazzaferro, patron d'Aliments DaVinci, qui est elle-même poursuivie par le fisc.
Dans des documents consultés par Argent, il est indiqué que Michael Mazzaferro doit la somme de 3 333 732,32 $ à l'État.
La somme «porte intérêts au taux prescrit par l'article 28 de la Loi sur l'administration fiscale», soit environ 6 %, indique le document de cour, daté du 2 novembre.
Des immeubles à Senneville, dans l'Ouest-de-l'Île, de même que des parties privatives et communes à Mont-Tremblant et dans la circonscription foncière de Terrebonne sont visés par l'hypothèque légale.
Selon nos informations, les propriétés ciblées abriteraient notamment une collection de voitures de luxe dont la valeur est établie à plus de 1 million $.
Contacté, M. Mazzaferro n'a pas rappelé Argent.
L'Agence QMI avait révélé en août qu'Aliments DaVinci, qui se définit comme le troisième producteur de pizza au Canada, derrière les géants Kraft et McCain, éprouvait d'importants soucis financiers, tant avec le gouvernement que ses fournisseurs, et était incapable de payer ses employés.
La compagnie est poursuivie par l'ARQ qui lui réclame 6,7 millions $ dans un dossier de TVQ. Revenu Canada aurait aussi des réclamations.
Joint par Argent, le porte-parole de Revenu Québec, Stéphane Dion, a signalé que le dossier personnel de M. Mazzaferro et le dossier entreprise d'Aliments DaVinci étaient distincts.
Il a indiqué que la compagnie avait déposé un avis d'intention où elle mentionne s'être placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité au début octobre.
Cela devrait faire en sorte que les hypothèques légales prises par Revenu Québec sur les actifs de l'entreprise seront levées, a dit M. Dion.
En août, des employés d'Aliments DaVinci s'étaient plaints de ne pas avoir été payés pendant plusieurs semaines, et avaient révélé l'existence d'un climat de terreur au sein de la compagnie.
Des chèques émis depuis juin avaient été refusés par la plupart des institutions bancaires. Certains des 150 employés, mécontents, avaient jusqu'à cinq paies de retard.