Jean-François Cloutier
Argent
Malgré des rendements faméliques, les obligations offertes par l'organisme Épargne Placements Québec s'avèrent de plus en plus populaires auprès des petits épargnants du Québec, ce qui enrichit le gouvernement.
C'est ce que révèlent des données obtenues auprès du ministère des Finances du Québec. Entre mars 2011 et mars 2012, l'encours des produits d'épargne vendus par Épargne Placements Québec a progressé de 9,4% pour s'établir à 7,4 G$, a indiqué à Argent le porte-parole du ministère, Jacques Delorme.
L'année précédente, les encours avaient crû de 4,2% pour atteindre 6,7 G$, selon le dernier rapport annuel du ministère des Finances du Québec.
On peut y lire aussi que les produits d'épargne gouvernementaux ont trouvé preneur auprès de 193 087 personnes, contre 194 657 un an plus tôt.
Quelque 4,5% de la dette consolidée du Québec, qui s'élevait à 147,7 G$ en mars 2011, est financée à partir de ces titres, révèle le rapport annuel.
Sur son site internet, l'organisme indique les taux d'intérêt en vigueur pour chaque gamme de produits, lesquels sont la plupart du temps inférieurs au taux d'inflation au Québec.
À l'heure actuelle, les obligations d'épargne du Québec, le produit phare d'Épargne Placements Québec, offrent un rendement de 1,3% pour la première année de détention, et le taux est ensuite révisé « par le ministre des Finances selon les conditions du marché ».
Les obligations Sécuri+ du Québec sont moins généreuses et procurent un rendement annuel de 1,1% pour les six premiers mois de détention.
Le produit d'épargne Flexi-Plus offre 0,85% sur un an.
Sur un placement de 1000$, cela représente concrètement après un an un gain de 8,50$ pour l'épargnant, soit le prix d'un repas individuel dans une chaîne de restauration rapide.
D'autres produits procurent un taux d'intérêt légèrement plus élevé, mais ils doivent être détenus sur une période de temps ferme de plusieurs années.
Soulignons que le taux d'inflation s'est établi à 2,5% au Québec en 2011. C'est donc dire que l'investisseur qui aurait acquis des obligations d'épargne typiques aurait vu son pouvoir d'achat s'éroder en conservant ces titres.
Cette situation n'est pas exceptionnelle, dans un contexte de crise de l'endettement mondial et de taux d'intérêt extrêmement bas. L'Allemagne a même réussi à vendre des obligations à taux négatif, se faisant en quelque sorte payer par les investisseurs pour conserver leur argent.
Opération « commerciale »
En entrevue, le porte-parole du ministère des Finances, M. Delorme a expliqué que Québec faisait de l'argent avec Épargne Placements Québec.
« Pour le gouvernement, c'est une façon de se financer. Il faut que ce soit rentable, sinon on le ferait pas », a-t-il dit.
M. Delorme a indiqué qu'entre 70 et 90 personnes travaillaient chez Épargne Placements Québec.