Denise Proulx
Argent
Les vacances scolaires sont à peine entamées que les familles sont déjà invitées à magasiner pour la rentrée en classe. Des chaînes de pharmacies et des détaillants spécialisés en fournitures de bureau affichent, dès cette semaine, leurs promotions d'articles scolaires dans leurs circulaires.
« Nous avons développé cette stratégie il y a deux ans. Les parents ont en main la liste des effets scolaires pour septembre et ils veulent s'en débarrasser avant de partir en vacances », explique Peter Drouin, directeur principal, mise en marché et marketing chez Proxim.
La bannière ne veut pas traîner de la patte, non plus, face à la concurrence qui lance des promotions en prévision du retour en classe. « Puisque nous avons observé qu'un grand nombre de familles étale leurs achats sur plusieurs semaines, et ce, à compter du début juillet, nous les accommodons en leur proposant des soldes très avantageux sur plusieurs semaines », commente pour sa part Pierre Gince, le porte-parole d'Uniprix.
Limiter les dépenses
Pour les détaillants, la rentrée est la deuxième saison en importance en termes de ventes. Comme ils le font pour l'Halloween et les Fêtes, les promotions débutent tôt, pour soutenir la consommation.
« La tendance que nous avions observé en 2011 se maintient. Les consommateurs sont plus conservateurs et ils recherchent les aubaines qui leur offrent un excellent rapport qualité/prix », affirme Daniel Baer, expert canadien du secteur du détail chez Ernst & Young. Le comportement des consommateurs est lié aux prix élevés de l'essence et de l'épicerie qui affectent le revenu disponible des ménages. De plus, l'inflation grimpe plus rapidement que les salaires.
Le secteur du détail est un marché très concurrentiel. « Nous observons, par exemple, que Walmart a abaissé le prix d'une centaine de produits pour l'été. L'entreprise sait qu'il y aura un effet de débordement pour les autres achats, comme les fournitures scolaires», poursuit-il.
Toujours plus cher
En 2011, les familles québécoises ont dépensé plus que celles du Canada anglais pour préparer leur enfant au retour à l'école. Elles ont consacré en moyenne 418$, soit de 50$ à 165$ de plus que les parents de l'Ontario, des Prairies – à l'exception de l'Alberta - et de la Colombie Britannique, indique un sondage réalisé par Harris/Decima pour le compte de la Banque Scotia.
Les articles de papeterie occupent toujours la première place sur les listes de fournitures scolaires, suivis par les vêtements et les livres. Par contre, les appareils électroniques connaissent un regain de popularité. En 2011, ils représentaient 19% des dépenses, contre 13% en 2010.
En ce qui concerne les frais accessoires, soit les dépenses sportives, l'adhésion à des clubs élites, les sorties éducatives et les frais de garde du midi, les dépenses grimpent encore plus rapidement au Québec.
En 2011, les parents québécois ont payé en frais accessoires 455$, contre 400$ en 2009. En comparaison, les familles des autres provinces, en excluant l'Alberta, ont tous vu ces dépenses s'abaisser d'en moyenne de 15 à 20%.