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Olivier Bourque
Argent
La relation entre le Canada et les États-Unis devrait être au beau fixe et s'inscrire dans la continuité après l'élection du démocrate Barack Obama, même si plusieurs s'inquiètent du climat politique incertain qui subsiste après cette présidentielle.
À l'issue de cette élection, la Chambre des représentants est demeurée sous contrôle républicain alors que les démocrates sont majoritaires au Sénat. Cette division pourrait donc être synonyme d'instabilité alors que le fameux précipice fiscal pointe à l'horizon.
Les baisses de taxes héritées du règne de Georges Bush et reconduites par Barack Obama, les réductions de dépenses ainsi que l'entente sur le plafond de la dette viennent à échéance à la fin de l'année sur fond de divisions entre les deux formations politiques. Si une entente ne survient pas, un trou de plus de 600 milliards $ dans les finances publiques devra être comblé par les contribuables américains.
«C'est vraiment une incertitude qui plane en ce moment. Et si le gouvernement américain continue d'être immobile, cela pourrait faire en sorte d'aggraver la situation de l'économie. Et quand les États-Unis vont mal, le Canada en subit les contrecoups», estime Francis Généreux, économiste principal chez Desjardins.
M. Obama devrait trouver un terrain d'entente malgré le blocage actuel. Fort de son élection, le compromis devrait être possible, selon les observateurs consultés.
«Comme dans le cas du relèvement du plafond de la dette, ultimement, ils devront trouver une solution, a affirmé Martin Coiteux, professeur à HEC Montréal. On ne peut pas imaginer que personne va vouloir s'attribuer la paternité d'une récession aux États-Unis en 2013.»
Le Canada n'a pas été un enjeu
Ceci dit, la réélection d'Obama risque de signifier la continuité pour les relations canado-américaines. Une relation qui est comparée à un long fleuve tranquille. D'ailleurs, le Canada n'a vraiment pas été un enjeu lors de cette campagne.
«Je crois qu'on a parlé deux fois du Canada, a constaté Francis Généreux, économiste principal de Desjardins. La première fois c'était pour louanger notre niveau de taxation des entreprises plus bas qu'aux États-Unis et l'autre fois, c'était pour parler du pétrole albertain.»
La relation entre les deux pays va demeurer sensiblement les mêmes et sera marquée par la collaboration. Le Canada exporte toujours tout près de 80 % de ses biens vers son voisin américain.
Ira ou ira pas de l'avant avec Keystone…
Reste la question du projet de pipeline Keystone qui vise l'acheminement des sables bitumineux vers les États-Unis. Le président Barack Obama a bloqué le projet durant son premier mandat, «pour des raisons électoralistes», selon un spécialiste de l'énergie.
«Mais il a montré de l'ouverture à réviser sa position, a assuré Pierre Champagne, analyste chez Desjardins. Donc faudra voir ce qu'il fera avec Keystone. Mais concrètement, les Américains veulent cette indépendante énergétique nord-américaine. Ils préfèrent s'approvisionner avec du pétrole des sables bitumineux que dans les pays du Moyen-Orient.»
Le lobby vert, jugé près de Barack Obama, pourrait toutefois provoquer d'autres délais. Et surtout, la soif du président pour le gaz naturel (dopé par les gaz de schiste) n'est pas encore étanchée. M. Obama pourrait donc ne pas voir d'avantages directs à laisser venir le pétrole canadien aux États-Unis.