Jean-François Cloutier
Argent
Presque 10% des régimes de retraite privés de secteurs sous juridiction fédérale posent de « sérieuses préoccupations » quant à leur viabilité à long terme, selon le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF).
C'est du moins ce qu'affirme le Globe and Mail, qui se base notamment sur un rapport remis en 2011 par l'organisme gouvernemental au ministre des Finances, Jim Flaherty, obtenu grâce à la loi d'accès à l'information.
Selon le quotidien torontois, le nombre de régimes sur la liste de surveillance de l'organisme a plus que doublé entre mars 2011 et décembre 2012, en raison de leur solvabilité déclinante.
Au début décembre, plus de 125 régimes de retraite étaient sur la liste, sur les 1400 que doit superviser le BSIF, dans les secteurs des télécommunications, du transport aérien et de la finance, entre autres.
Contactée plusieurs fois, la relationniste du BSIF, Léonie Roux, n'a pas rappelé Argent. Un appel logé à la ligne générale de l'organisme s'est aussi avéré infructueux. On nous a suggéré d'écrire un courriel à une adresse générique, en nous disant qu'il était impossible d'obtenir un commentaire pour aujourd'hui.
Le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) a été mis sur pied en vue d'accroître la confiance du public à l'égard du système financier canadien, selon son site internet.
Il a aussi le mandat de surveiller l'état des régimes de retraite de certaines entreprises pour veiller à ce qu'ils respectent les exigences minimales de capitalisation.
En entrevue, l'expert chez Mercer Michel St-Germain s'est dit surpris du nombre élevé de régimes sur la liste du BSIF.
« Normalement, ce genre d'organisme est très prudent avant de placer un régime sur la liste », a-t-il expliqué.
M. St-Germain signale que de nombreux régimes de retraite ont souffert des faibles taux d'intérêt persistants décrétés par les banques centrales depuis le début de la crise financière, combiné à un effondrement des valeurs boursières.
Le modeste rebond boursier observé en 2012 n'a pas permis d'enrayer les pertes subies en 2011, selon lui.
« Pour chaque baisse d'un point des taux d'intérêt, la valeur de la dette d'un régime augmente de 15 à 20% », a-t-il expliqué.
La semaine dernière, Mercer a diffusé un indice de santé des régimes de retraite canadiens qui dressait un portrait plus positif de leur solvabilité, en raison surtout d'une augmentation de la contribution des employeurs.
Selon M. St-Germain, tous les régimes placés sur la liste du BSIF ne sont pas véritablement à risque. Ceux d'entreprises dans des secteurs en difficulté, comme les pâtes et papier et les journaux, sont toutefois beaucoup plus préoccupants, selon lui.
« On ne se le cachera pas, il y a des régimes difficiles à administrer, comme les régimes multiemployeurs dans un environnement syndiqué, qui ne sont pas en bonne santé », a-t-il signalé.