Mélanie Loisel
Argent
Les entreprises du Québec ne voudraient jamais revenir 25 ans en arrière. Depuis la signature de l'accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis en 1987, c'est tout un monde de possibilités qui s'est ouvert à elles.
« Notre entreprise est devenue 30 fois plus grande qu'elle ne l'était en 1987 », a expliqué Elliot Lifson, le vice-président Vêtements Perless et président de la Fédération canadienne du vêtement.
Cette entreprise de Montréal, spécialisée dans les habits pour homme, a conquis le marché américain grâce à l'entente de l'Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis (ALÉ), qui a éliminé les taxes douanières sur les biens tels que les produits de la viande, le vin, les vêtements et le textile.
Avant 1987, Vêtements Perless employait qu'une centaine d'employés uniquement à Montréal, alors qu'elle compte maintenant 1100 travailleurs dans la métropole et 500 employés aux États-Unis. Elle a ouvert un centre de distribution au Vermont, un bureau de vente à New York et ses habits sont vendus dans tous les États américains. L'entreprise a d'ailleurs conclu des contrats de licence exclusive avec des marques américaines reconnues comme Ralph Lauren et Calvin Klein.
« Cet accord nous a permis de voir grand et on s'est mis à avoir confiance en nous pour concurrencer le marché américain. Ce n'est pas compliqué, si vous êtes capables d'être à New York, vous êtes capables d'être partout sur la planète », a affirmé M. Lifson.
Un accord favorable aux exportations
En 25 ans, les entreprises du Québec ont grandement bénéficié de l'assouplissement des barrières tarifaires de l'ALÉ. Elles ont pu offrir des prix plus compétitifs et augmenter leur production pour vendre leurs produits chez nos voisins du sud.
« Cet accord a en quelque sorte permis aux manufacturiers d'entrer à école de l'exportation, a noté Simon Prévost, président de Manufacturiers et exportateurs du Québec. Les entreprises ont eu accès à un marché 10 fois plus grand que celui au Canada au point où 80 % des exportations du Québec étaient destinées aux États-Unis dans les années 90 », a-t-il raconté.
De nos jours, un peu moins de 70 % des exportations québécoises vont aux États-Unis en raison de la hausse du dollar canadien, d'une baisse de productivité et du ralentissement économique.
Malgré cette baisse des exportations, l'ouverture au marché américain a permis aux compagnies de transport du Québec de prendre de l'expansion.
« Soixante pour cent de nos voyages se font maintenant aux États-Unis », a confirmé Denis Coderre, président de Transport SGT 2000, basé à St-Germain-de-Graham dans le Centre-du-Québec.
L'entreprise créée en 1988, après la signature de l'ALÉ, s'est rapidement développée pour acheminer chez nos voisins du sud de nombreux produits tels que des vêtements, des meubles, des électroménagers et des pièces d'auto.
Selon les données du gouvernement du Québec, la valeur des biens échangés entre le Québec et les États-Unis s'élevait à 78,5 milliards $ CAN en 2008. Les principales destinations des exportations québécoises vers les États-Unis sont l'État de New York, le Vermont, la Pennsylvanie, le Tennessee et l'Illinois.