Sarah-Maude Lefebvre
Agence QMI
Québec solidaire a remis lundi des documents à l'escouade Marteau concernant quatre firmes de génie-conseil - Axor, SNC-Lavalin, CIMA + et BPR - dont les employés auraient servi de prête-noms pour des dons d’environ 400 000 $ à un parti politique.
Comme la majorité des dons étaient destinés aux troupes de Jean Charest, les deux porte-parole de QS réclament que la Sûreté du Québec entame dès maintenant une enquête criminelle sur le financement du Parti libéral du Québec.
Québec solidaire avait déjà alerté le Directeur général des élections (DGE) l’an dernier à ce sujet, mais a décidé de revenir à la charge avec un dossier plus étoffé, en raison de « l'incapacité » du DGE à sévir contre les firmes qui effectuent des « dons politiques douteux ».
« Nous demandons à la Sûreté du Québec de mener une véritable enquête de nature criminelle. Jusqu’à maintenant, l’escouade Marteau a pris quelques poissons, mais les requins sont toujours là. Là, nous leur donnons de la matière, même si nous croyons qu’il faudrait en fait une enquête publique », a déclaré le député Amir Khadir, devant le quartier général de la SQ.
Même si l’une des compagnies visées, AXOR, a admis sa culpabilité dans cette histoire, Québec solidaire croit qu’il est nécessaire que la SQ enquête sur les liens qui pourraient exister entre les dons effectués par les prête-noms et l’obtention de contrats.
« Il faut revoir le système de financement des partis. Par exemple, imposer un plafond de 500 $ pour les contributions individuelles », a proposé également M. Khadir.
André Caillé pointé du doigt
Québec solidaire a profité de l’occasion pour présenter ses priorités concernant la rentrée automnale, dont le controversé dossier sur le gaz de schiste.
Le porte-parole Amir Khadir a d’ailleurs attaqué la crédibilité de André Caillé, anciennement à Hydro-Québec, et maintenant président de l'Association pétrolière et gazière du Québec.
« On découvre une proximité troublante entre les promoteurs de cette industrie et l'appareil politique du gouvernement libéral. André Caillé, représentant de l'industrie, peut aller souper avec le ministre de l'Environnement sans difficulté alors que les femmes et les hommes qui seront affectés par l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste n'ont pas droit aux mêmes égards », a-t-il dénoncé.
Du côté de la SQ, le porte-parole Guy Lapointe a confirmé que les enquêteurs avaient bel et bien rencontré les deux porte-paroles de Québec solidaire, mais a refusé de commenter l’affaire.