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Michel Munger
Argent
L'Autorité des marchés financiers (AMF) manque de mains et d'argent afin de bien accomplir sa mission et le nouveau gouvernement québécois s'engage à les lui fournir.
L'affirmation a été faite par Nicolas Marceau, ministre des Finances, lors d'une présentation faite au Rendez-vous annuel de l'AMF.
L'organisme réglementaire n'est pas un titan en matière de ressources humaines. Il avait un effectif budgété de 619 postes pour l'exercice 2010-2011, avec une masse salariale d'environ 54 M$.
Or, Nicolas Marceau lui demande de demeurer vigilante dans la prévention de la fraude financière et la surveillance des marchés. Il se dit prêt à faire sa part à cet effet.
«J'entends m'assurer que l'Autorité disposera toujours des moyens et outils nécessaires pour réaliser efficacement sa mission, lance le ministre. Par ailleurs, je m'attends à ce qu'elle maintienne ses efforts de sensibilisation des consommateurs aux risques de fraude et à l'importance de faire affaire avec des représentants certifiés.»
Selon lui, le problème n'est pas la compétence ou l'efficacité de l'AMF. «Elle a fait un très bon travail, mais dans le contexte des changements technologiques d'aujourd'hui, des adaptations sont inévitables. Les gens achètent des produits financiers sans représentant sur Internet. Aider l'AMF à détecter les problèmes n'est pas une chose simple.»
De plus, le chien de garde de l'industrie financière a perdu des employés alors que le nouveau gouvernement est arrivé à Québec. Il faudra mettre les moyens afin d'embaucher leurs successeurs.
«Ça montre que nous avions des gens compétents qui ont reçu des promotions, estime Mario Albert, PDG de l'AMF. La qualité du travail repose sur des personnes. Je ferai tout pour aller chercher les bonnes [si les remplaçants ne sont pas trouvés à l'interne].»
Toutefois, il n'a pas été possible de savoir quelles sont les fonctions où les besoins de personnel sont plus importants.
«Nos revenus ont été meilleurs que prévu récemment, ajoute-t-il, mais notre situation n'est pas soutenable à long terme. Je suis content d'entendre que le ministre veut nous aider à ce niveau. Nous verrons ses propositions concrètes.»
Entre temps, M. Albert assure que les Québécois n'ont pas à s'inquiéter sur la qualité du travail. Ses projets poursuivent leur cheminement. «Il faut suivre les marchés de près et éviter d'être en mode réaction. Nous avançons dans la création d'une équipe de spécialistes qui examinent les produits complexes et dans quelle mesure ils peuvent présenter un potentiel de fraude.»