Argent
Québec veut s'attaquer au problème de la pénurie de la main-d'œuvre et annonce une stratégie intitulée Tous pour l'emploi : une impulsion nouvelle ce qui permettra notamment à des clientèles moins favorisées d'intégrer le marché du travail.
L'annonce a été faite à Montréal vendredi par la première ministre Pauline Marois et la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale Agnès Maltais.
«Le marché du travail est appelé à changer, car d'ici peu, le nombre de personnes en âge de travailler commencera à diminuer, a indiqué Mme Marois lors du lancement de la stratégie. D'ici 2021, 1,4 million d'emplois seront disponibles dans toutes les régions.»
Les mesures annoncées ciblent plus particulièrement quatre groupes : les jeunes, les travailleurs expérimentés, les personnes immigrantes et les travailleurs handicapés.
Le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale sera au centre de la stratégie afin de favoriser l'insertion ou le maintien d'emploi. Environ 460 millions $ par année seront alloués à ces clientèles. Il s'agit d'un montant inclus déjà dans le budget du ministère.
Parallèlement à cela, la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT) va soutenir des entreprises québécoises qui voudront ouvrir leurs portes à ces clientèles. La commission investit 175 millions $ dont 70 millions $ additionnels sur trois ans.
Une partie de cet argent provient des entreprises elles-mêmes qui payent une taxe sur le capital. Avec ce fonds, Québec affirme que 3000 projets visant le développement des compétences et l'amélioration de la main-d'œuvre seront soutenus.
«Il faut recentrer l'action vers les groupes qui sont sous-représentés dans le marché de l'emploi, il faut repenser la solidarité et accroître les compétences de la main-d'œuvre dans toutes les entreprises», a indiqué pour sa part la ministre Agnès Maltais.
La stratégie compte donc 27 mesures et plusieurs partenaires de différents milieux. Elle prévoit notamment un programme destiné à améliorer la compétitivité des entreprises, des mesures favorisant la francisation et un soutien à différents travailleurs sous-représentés dans le marché du travail.
«Il s'agit d'une stratégie importante pour les entreprises, car ces dernières pourront signifier leurs besoins en main-d'œuvre et là, on pourra identifier des gens», a assuré pour sa part Françoise Bertrand, présidente de la Fédération des chambres de commerce.
Plusieurs partenaires étaient présents lors de l'annonce notamment le Conseil du patronat, la CSN et la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante.