Simon Lord
Argent
Les trois principaux partis politiques ont offert des engagements d'environ 23,7 G$ depuis le début de la campagne, dont 6,2 G$ en dépenses. Cette semaine seulement, ces promesses s'élevaient respectivement à environ 15 G$ pour les engagements et 3 G$ pour les dépenses.
La CAQ proposait cette semaine des mesures totalisant 4,15 G$. De cette somme, 2,15 G$ de dépenses proviendraient directement du budget du Québec. C'est plus que ce qui a été proposé par les deux autres partis. Depuis le début de la campagne, le parti de François Legault a fait des promesses s'élevant à 11,2 G$ dont 6,2 G$ de dépenses.
Le PLQ s'est montré le plus austère. Depuis 10 jours, 410 M$ d'engagements ont été annoncés, dont 360 M$ en dépenses. Cette semaine, seules des dépenses de 45 M$ ont été proposées.
Les promesses du PQ au cours de la semaine ont atteint 10,8 G$ dont 800 M$ en dépenses. Depuis le début de la campagne, des engagements de 12,1 G$ ont été annoncés, ce qui comprend des dépenses atteignant 2,1 G$.
Les mesures proposées s'annoncent donc de mauvaises nouvelles pour le budget de la province, selon des experts consultés par Argent.
«Notre économie croît de 1,5% annuellement. Les revenus fiscaux progressent donc environ au même rythme. C'est dire que, seulement pour empêcher notre déficit d'augmenter, les dépenses du budget du Québec ne doivent pas hausser plus rapidement que 1,5%, donc environ 1 G$», calcule Claude Montmarquette, pdg du CIRANO.
Où trouver l'argent?
Les partis ont toutefois été moins loquasses en ce qui a trait à la manière de payer pour les dépenses proposées cette semaine.
Le parti de François Legault compte payer la facture en éliminant le gaspillage et la corruption ainsi qu'en améliorant les techniques de gestion du gouvernement.
«Le gaspillage et les nouvelles techniques de gestion, il y en a plusieurs qui se sont cassés les dents là-dessus», dit Jean-Michel Cousineau, professeur titulaire en économie à l'Université de Montréal.
Éliminer le gaspillage, en réduisant les budgets ou en congédiant les fonctionnaires, risque de créer des crises impossibles à surmonter, surtout si le gouvernement élu est minoritaire, explique M. Cousineau. Donc peu d'économies plausibles de ce côté.
Les nouvelles techniques de gestion pourraient, dans un horizon de cinq ans, mener à des économies de 2%-3% du budget d'administration du gouvernement du Québec. En général, les dépenses administratives représentent le tiers du budget d'un gouvernement. C'est donc dire qu'environ un demi-milliard de dollars pourrait être épargné à terme.
«Mais à court terme, le temps de s'adapter, ça risque de nous coûter plus cher», prévient Jean-Michel Cousineau.
«Pour ce qui est de la corruption et la collusion, nous avons dépensé 14 G$ en infrastructures cette année et payons environ 30% plus cher qu'ailleurs. Nous pourrions donc aller chercher jusqu'à 4,3 G$, mais ce chiffre est très optimiste», ajoute-t-il.
Silencieux
Le Parti libéral n'a, pour sa part, pas expliqué comment il comptait payer ses dépenses. «Le gouvernement doit encore trouver 875 M$ pour résorber le déficit. Jean Charest a annoncé, il y a quelques temps, qu'il réfléchirait à cela en temps et lieu», rappelle Jean-Michel Cousineau.
Même son de cloche au Parti québécois. Peu de choses ont été dites, par exemple, quant à la façon de payer la note du fonds stratégique de 10 G$ proposé pour la Caisse de dépôt.
La Parti libéral a aussi chiffré les dépenses de ses opposants. Il attribue 410 M$ de dépenses supplémentaires au PQ. Ces coûts sont toutefois reliés à des dépenses qui ont déjà endossées par le parti, mais qui n'ont pas été annoncées au cours de la campagne.