Gérard Samet
Argent
Le coût du programme fédéral de sécurité de la vieillesse sera multiplié par 3, passant de 36 milliards $ à près de 110 milliards $ d'ici 2030, selon une étude publiée récemment par l'actuaire en chef du Canada.
Le constat est inquiétant, puisque la baisse de la mortalité a un grand impact sur les finances publiques canadiennes.
Les Canadiens vivent 20 ans de plus en moyenne que dans les années 50. La croissance du nombre de Canadiens âgés de plus de 80 ans est particulièrement rapide. « Le taux de mortalité entre 80 et 90 ans a diminué trois fois plus vite qu'au cours des deux décennies précédentes », a indiqué Jean-Claude Menard, l'actuaire en chef du Canada.
Les Canadiens âgés meurent moins rapidement, alors même que le groupe d'âge des plus de 65 ans est le plus élevé de tous les temps. Selon l'étude de l'actuaire général du Canada, la proportion des 65 ans et plus par rapport à la population totale passera de 14 % en 2010 à 23 % en 2030.
Cette situation est la conséquence d'un progrès des soins médicaux, et de la nombreuse génération du baby-boom d'après-guerre, qui forme la plus importante cohorte d'âge de l'histoire. Les immigrants bénéficiaires vivent aussi plus longtemps que les Canadiens de naissance.
Le programme de la sécurité de la vieillesse en danger?
Cette situation remet en cause l'équilibre financier du Programme de la sécurité de la vieillesse (SV), instauré en 1927 à une époque où les Canadiens mourraient beaucoup plus jeunes qu'aujourd'hui. Le nombre des bénéficiaires du programme va doubler d'ici 2030 pour atteindre plus de neuf millions de personnes. Particularité du SV : il est financé à même le budget de l'État et non par la capitalisation des cotisations de ses bénéficiaires.
Tous les Canadiens de plus de 65 ans ont droit à une pension du régime de la Sécurité de la vieillesse (SV), qu'ils aient cotisé ou non à un régime de retraite. Les pensions de la Sécurité de la Vieillesse sont payées directement à partir du budget fédéral, contrairement au Régime des Pensions du Canada et celui des Rentes du Québec (RRQ), qui sont financés par les cotisations des bénéficiaires.
Sans réforme de son financement, le SV ne serait pas viable
« 13 cents de chaque dollar d'impôt fédéral servent à payer la SV, et la contribution aurait augmenté de moitié d'ici quinze ans si rien n'avait été fait », a affirmé Alyson Queen, du Ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences, pour justifier la modification des règles d'accessibilité par le gouvernement.
Pour assurer le financement de l'un des plus importants programmes fédéraux, « l'âge de l'admissibilité aux prestations passera graduellement à 67 ans à compter de 2023 », a indiqué Mme Queen.