Marc André Gagnon
Le Journal de Québec
L'écart du prix de l'essence, qui a atteint hier jusqu'à onze cents le litre d'une région à l'autre, défie toute logique selon le CAA-Québec.
Les automobilistes sont en droit « de se poser de sérieuses questions sur la manière de faire des pétrolières », croit le porte-parole du CAA-Québec, Cédric Essiminy.
« Quand on regarde les prix de la Régie de l'énergie, c'est vrai qu'il y a des incongruités dans le marché de l'essence au Québec », observe-t-il.
Pour une même région administrative, soit Centre-du-Québec, le litre d'essence affiché à 1,273 $, à Victoriaville hier, coûtait 1,389 $ à Drummondville, pourtant située à quelques kilomètres.
Certains « chanceux » ont pu faire le plein à 1,279 $, du côté de Plessisville.
Sous le prix du gros
Toujours au Centre-du-Québec, le coût d'acquisition, c'est-à-dire le prix du gros affiché par la Régie de l'énergie, était de 1,309 $, hier.
« Donc, si on fait un calcul rapide, a souligné le relationniste du CAA-Québec, on voit que le prix à la pompe est moins cher que le prix chargé aux détaillants. Il y a une différence de trois sous: on ne voit pas ça souvent. Quand on voit des situations comme ça, on se pose la question, on se demande, en effet, ce qui se passe. »
Dans la capitale nationale, le prix du gros était à 1,308 $ le litre, hier, et ce, même si le prix à la pompe frôlait 1,40 $. Un prix réaliste aurait plutôt été de 1,372 $, selon le CAA-Québec.
Des prix similaires à ceux vus à Québec étaient observés au centre-ville de Montréal, hier.
Refléter la réalité
« Le prix de l'essence ne reflète pas les marchés locaux au Québec, considère M. Essiminy. Ce n'est pas normal que les plus gros marchés du Québec, soit Montréal et la ville de Québec, ne soient pas en mesure d'avoir les meilleurs prix alors que ce sont ceux qui ont les plus gros volume de vente. »
Le CAA-Québec relève aussi des marges au détail confortables, ces jours-ci, à Québec. Cette marge au détail, qui couvre notamment tous les frais d'exploitation, se situe à 7,5 cents alors qu'elle oscille généralement autour de 5,6 cents, lorsque l'on se compare à pareille date, l'an dernier.
« Mais le coût de l'essence raffiné demeure quand même élevé, il ne faut pas se leurrer », convient M. Essiminy.
Selon lui, l'arrivée de nouveaux joueurs dans la capitale nationale, comme Costco, à l'automne, dans Lebourgneuf, devrait bénéficier aux automobilistes.