Michel Munger
Argent
La Confédération des syndicats nationaux (CSN) subit une première défaite dans le dossier Couche-Tard. Les travailleurs du 8155 rue Notre-Dame est, à Montréal, ont voté contre la formation d'un syndicat, a appris Argent.
La CSN n'a pas pu recueillir une majorité de signatures parmi les neuf employés du dépanneur. La Commission des relations du travail (CRT) avait demandé un vote secret parce que les résultats étaient serrés.
Une exception
«C'est un cas isolé, réagit Jean Lacharité, vice-président à la CSN. Nous avons déjà huit autres magasins accrédités. Dans un deuxième temps, je souhaite que Couche-Tard n'use pas de représailles contre ceux qui se sont prononcés pour la syndicalisation, ce qui est un droit. Ce serait une catastrophe.»
Tout effort futur de faire entrer des travailleurs dans le giron de la centrale dépendra de leurs propres intentions, ajoute M. Lacharité. «Si des gens veulent se syndiquer, nous répondrons à l'appel. Ça relève de la volonté des salariés. Nous ne les harcèlerons pas pour qu'ils le fassent.»
De son côté, Couche-Tard choisit le silence malgré une première victoire.
«La direction n'accorde pas d'entrevues sur la syndicalisation, dit la porte-parole Isabelle Fafard. Il n'y aura pas de commentaires, malheureusement.»
La CRT ne répond pas aux questions pour l'instant non plus.
«Je ne peux rien vous confirmer tant que la décision n'a pas été livrée aux parties, soutient la porte-parole Céline Jacob. Il y a un délai de sept jours entre la décision et sa teneur publique, le temps que les parties en prennent connaissance.»
Le processus lancé au 8155 Notre-Dame a été rendu public le 15 janvier. Il s'agissait du neuvième dépanneur en demande d'accréditation. Les huit autres ont franchi cette étape avec succès. Deux ont été fermés par l'entreprise, soit sur les rues St-Denis et Jean-Talon à Montréal.
Le 16 janvier, la Cour d'appel du Québec rendait une décision en faveur de la CSN concernant ces deux emplacements. La centrale exigeait de consulter le plan d'affaires de Couche-Tard, qui invoquait la bonne gestion des activités pour justifier les fermetures.
D'autre part, trois établissements syndiqués seront vendus à des franchisés. Il s'agit des dépanneurs de Pierrefonds, Montréal-Nord et Boisbriand.