Olivier Bourque
Argent
Les nombreuses promesses électorales annoncées lors des derniers jours sont dénoncées par le Parti libéral du Québec (PLQ) qui demande aux deux principaux partis d'opposition de «revenir à la raison» et de cesser «cette surenchère électorale».
Selon les calculs effectués par l'équipe libérale, les promesses de la Coalition avenir Québec (CAQ) sont maintenant chiffrées à 4,5 milliards $, celles du Parti Québécois atteignent les 2,6 milliards $. En comparaison, le Parti libéral s'est engagé pour 412 millions $ à l'heure actuelle.
«Je fais appel au sens des responsabilités de François Legault et Pauline Marois. […] Car actuellement, leurs promesses pourraient déstabiliser le cadre financier du Québec», a estimé le ministre des Finances Raymond Bachand.
Pour ce dernier, les promesses du PQ et de la CAQ sont toutes autant nuisibles dans un cadre où «l'économie du Québec demeure instable». «Le Québec doit continuer de contrôler ses dépenses et maintenir sa crédibilité économique face à ses prêteurs et aux agences de notation», a-t-il poursuivi.
Investissement Québec plutôt que la Caisse
Les libéraux en ont également contre la proposition du Parti Québécois qui souhaite que la Caisse de dépôt et placement du Québec s'implique davantage dans l'économie québécoise. Pour le ministre des Ressources naturelles Clément Gignac, il s'agit carrément d'une «ingérence».
«La Caisse est et doit demeurer indépendante du politique. Le rendement du bas de laine ne doit pas être tributaire des intérêts d'une formation politique», a-t-il souligné.
Pour M. Bachand, c'est plutôt à Investissement Québec de prendre le relais lorsque le politique souhaite intervenir dans l'économie. C'est d'ailleurs ce qu'il a demandé à la société d'État lors de l'offre non-sollicitée de Lowe's envers la Québécoise Rona.
«La Caisse de dépôt, c'est l'argent des retraités. Elle a une mission de développement économique aussi, la loi est très claire là-dessus. Mais si on veut intervenir politiquement dans l'économie, c'est Investissement Québec qui doit le faire», affirme M. Bachand.
Attaques plus virulentes vers la CAQ
Même si les promesses du PQ ont aussi été dénoncées par les libéraux, les répliques les plus cinglantes ont été dirigées vers la CAQ de M. Legault.
«On dit à la CAQ qu'on va régler la dette avec les revenus du pétrole. Moi comme ministre des Finances, dans mon cadre financier, j'ai inscrit zéro revenu provenant du pétrole sur cinq ans. Parce qu'on pense qu'on a du pétrole, mais on n'est pas encore certain», a estimé M. Bachand.
«M. Legault c'est comme : vous devez 10 000 $ à votre gérant de caisse populaire, vous sortez un billet de loterie et vous lui dites que vous allez gagner 1 million $ et que vous allez être capable de le rembourser ! Je ne sais pas comment vous allez être reçu !», a-t-il ironisé.
La promesse de la CAQ de baisser les subventions aux entreprises a aussi été tournée en dérision.
«Aujourd'hui, il annonce des coupures de 2 milliards dans les crédits d'impôts aux entreprises. Est-ce qu'il parle des crédits pour le secteur aéronautique ? Est-ce qu'on veut couper dans les crédits à Héroux-Devtek ? Ou dans ceux du multimédia ?», s'est demandé le ministre du Développement économique Sam Hamad.