Michel Munger
Argent
Malgré une opposition tenace, la restructuration de la compagnie montréalaise Yellow Média (YLO) est acceptée tant par les créanciers que les actionnaires.
Les deux groupes ont tenu leurs assemblées à Montréal jeudi matin. Les créanciers ont voté à 70,58% en faveur du plan de l'entreprise, tandis que les actionnaires ont donné un appui de 77,44%.
Le seuil pour l'acceptation du plan était 66%.
Yellow Média doit encore vendre sa restructuration à la Cour supérieure du Québec au cours des prochaines semaines. Si le tribunal donne le feu vert, la dette descendra autour de 850 M$.
En point de presse à la sortie des assemblées, Marc Tellier, PDG du Groupe Pages Jaunes, a indiqué qu'il venait de gagner du temps afin de cueillir les fruits de son plan d'affaires.
«Ce qui est important pour nous, dit-il, est d'avoir un plan de recapitalisation qui nous donne le temps de livrer notre transformation. Nous sommes à 30% de nos revenus de sources numériques.»
M. Tellier admet par contre qu'«il y a encore beaucoup de pain sur la planche. Nous n'avons pas encore réussi à surpasser la décroissance de l'imprimé avec la croissance en ligne. Mais avec plus de 260 000 clients sur Internet et cinq millions de téléchargements, nous sommes une des plus grosses compagnies [numériques] au Canada.»
De combien de temps Yellow Média a-t-elle besoin pour retrouver le chemin de la croissance ? «Si j'avais une boule de cristal, nous ne serions peut-être pas ici, répond M. Tellier. Ce n'est pas une question de trimestres. C'est une question d'années.»
L'opposition défaite
Chose certaine, la forte opposition de détenteurs de débentures a forcé Yellow Média à bonifier son plan afin d'éviter un échec. Au lieu d'offrir 12,5 actions pour chaque tranche de 100 $ de débentures, l'entreprise en a mis 50 sur la table.
La direction a aussi menacé de placer l'entreprise sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers.
Par contre, au moins un groupe représenté par le cabinet Fishman Flanz Meland Paquin demeure contre la proposition.
Cette restructuration est un moindre mal, réplique Marc Tellier. «Les actionnaires n'auraient pas recouvert autant que dans le processus adopté aujourd'hui. Je reconnais clairement que c'est difficile pour tout le monde.»