Jean-François Cloutier
Argent
Déçu des résultats obtenus par ses chercheurs, le groupe pharmaceutique américain Pfizer va mettre la hache dans ses activités de recherche et développement, ce qui aura des conséquences pour le laboratoire de Montréal.
En entrevue à Argent, la porte-parole de Pfizer Canada, Julie-Catherine Racine, a confirmé que le centre de recherche de Montréal était visé dans les compressions de dépenses de 2,9 G$ US en R-D annoncés hier par l’entreprise.
Mme Racine a cependant ajouté que les compressions les plus importantes auraient lieu dans les laboratoires de Pfizer de Sandwich, en Grande-Bretagne, et de Groton, dans le Connecticut.
Le laboratoire de Sandwich, qui sera carrément fermé, est connu notamment pour avoir mis au point le remède contre la dysfonction érectile Viagra. Il employait 2400 personnes qui travaillaient pour la plupart au développement de médicaments contre les allergies et les problèmes respiratoires.
Dans la grande région de Montréal, Pfizer emploie environ 2100 personnes.
Mme Racine n’a pas voulu confirmer le nombre d’employés qui seraient mis à pied à Montréal, affirmant qu’il était trop tôt pour le savoir. Elle a ajouté que Pfizer était en train de négocier avec un partenaire stratégique afin de lui transférer certaines opérations de R-D.
Le centre de recherche d’Ottawa, qui se consacre à la production de vaccins, échappera aux coupures, a mentionné Mme Racine.
Pfizer cherche à rationaliser ses dépenses alors que son brevet pour le Lipitor, le médicament le plus vendu dans le monde, arrive à échéance en novembre. Dans les dernières années, les efforts de recherche de l’entreprise n’auraient pas donné les résultats escomptés.
Pour le quatrième trimestre 2010, le groupe pharmaceutique a publié, mercredi, un bénéfice de 2,89 milliards de dollars US, soit 36 cents par action au quatrième trimestre, contre 767 millions de dollars US, soit 10 cents par action l'année précédente.