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La compagnie Pétrolia (PEA) a annoncé jeudi qu'elle reportait ses travaux de forage dans le secteur Haldimand, à Gaspé.
«Cette décision a été prise, afin de permettre aux divers intervenants au dossier de pouvoir discuter dans un climat plus serein qui fait davantage appel au rationnel qu'à l'émotivité», a fait savoir la compagnie dans un communiqué.
L'administration du maire François Roussy a adopté le 19 décembre dernier un règlement interdisant tout forage sur son territoire.
Pétrolia ne procédera donc pas pour l'instant au forage de son puits Haldimand 4, geste qui l'obligerait à défier le nouveau règlement municipal, visant à protéger les sources d'eau potable de la ville de Gaspé.
L'entreprise estime que le gisement, qui renferme près de huit millions de barils de pétrole, représente une clé dans l'interprétation du système pétrolier gaspésien et permettra également d'autres découvertes ailleurs en Gaspésie.
Coûts
La société d'exploration pétrolière a affirmé subir des pertes importantes, alors que la foreuse est «en pause» depuis 12 jours.
Jusqu'ici, la compagnie aurait perdu 1 million $. Si elle devait définitivement quitter la région, la compagnie affirme qu'elle subirait des pertes de près de 12 millions $. «Mais nous n'avons pas l'intention de partir», a assuré André Proulx, président de Pétrolia.
Au cours des huit dernières années, Pétrolia a investi plus de 22 millions $ dans ses deux projets situés à Gaspé (Haldimand et Tar Point).
Même si des obstacles se dressent devant elle, l'entreprise maintient son objectif de produire d'ici 2014, 5 % du pétrole consommé au Québec.
Selon Pétrolia, l'adoption d'un nouveau règlement de la Ville prive les Gaspésiens d'un potentiel de développement, dont tous les secteurs pourraient bénéficier.
«La voie juridique offre sans doute la possibilité d'éclaircir la dimension juridique des choses, mais elle ne permettra pas d'atténuer les tensions, a expliqué M. Proulx. Les autorités de tous les paliers peuvent être assurées de notre ouverture à la discussion et de notre entière collaboration.»
Même si le président de Pétrolia soutient qu'il s'agit d'un arrêt temporaire de quelques semaines, le ministre de l'Environnement, Yves-François Blanchet est d'un autre avis estimant que l'entreprise se retire définitivement du projet.
«On sent bien que c'est un véritable retrait de ce projet-là et de concentrer leur énergie vers, d'une part, un projet relativement près de Murdochville qui ne suscite pas la même controverse, et, dans une perspective un peu plus lointaine, vers la perspective de pouvoir explorer ou exploiter les gisements de l'île d'Anticosti», a indiqué M. Blanchet.
Le ministre a ajouté qu'étant donné que le projet n'est pas accepté de la population locale, il s'agit d'une bonne décision de Pétrolia.
Implication gouvernementale
La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) a déploré le fait que, malgré l'obtention de tous les permis requis par le ministère des Ressources naturelles, l'entreprise a été contrainte de faire marche arrière dans son projet d'exploration pétrolière dans la région de Gaspé.
«Le gouvernement doit accompagner les entreprises qui veulent investir dans le développement de nos richesses naturelles pour que des projets porteurs comme celui-ci jouissent d'un niveau minimum d'acceptabilité sociale et puissent profiter à l'ensemble des Québécois», a affirmé Françoise Bertrand, présidente-directrice générale de la FCCQ.
Le Québec importe chaque année presque la totalité des hydrocarbures pour un coût total de plus de 12 milliards $.
Les contribuables québécois sont en quelque sorte actionnaires de Pétrolia via Investissement Québec. La société d'État est en effet le deuxième plus important actionnaire via sa nouvelle filiale Ressources Québec inc.
Cette filiale a récemment été créée pour détenir les investissements affectés aux secteurs des mines et des hydrocarbures. Elle détient plus de 7 millions d'actions de Pétrolia soit 10,57 % des actions en circulation.