Argent
Un conflit de travail se dessine à l'hôtel Hyatt Regency de Montréal, alors qu'une affaire de non-respect du code vestimentaire serait à l'origine de ce que le syndicat appelle un lock-out.
Les 300 employés membres de la CSN se sont vus refuser d'entrer au travail tôt mercredi, alors que des négociations sont en cours visant le renouvellement de la convention collective de travail.
Selon la CSN, il s'agit d'un lock-out. Mais la direction de l'établissement de la rue Jeanne-Mance est d'un tout autre avis.
Le directeur général de l'établissement, Raymond Soumako, soutient plutôt que les employés ne respectant pas le code vestimentaire de l'entreprise se sont vus refuser l'entrée au travail.
«Ils peuvent entrer en tout temps, s'ils remettent leurs uniformes de travail», a indiqué M. Soumako, dans un courriel à Argent.
Il ne comprend pas pourquoi les syndiqués ont agi ainsi, alors qu'une rencontre de conciliation était prévue. La direction de l'hôtel soutient que les négociations allaient bon train et que les offres salariales déposées par le Hyatt étaient parmi les « plus généreuses à Montréal ».
Présentement, ce sont les cadres qui sont à l'œuvre au Hyatt. Ce qui se traduit par un niveau de service réduit et une attente plus longue pour les clients de l'hôtel, qui sont nombreux alors que le Festival Juste pour rire bat son plein.
Selon la CSN, la décision d'empêcher les employés d'entrer au travail est injustifiée, du fait qu'«aucun moyen de pression de la part des salariés ne compromettait le service à la clientèle».
Une séance de négociation était prévue mercredi, en présence du conciliateur du ministère du Travail.
La CSN affirme que le syndicat a consenti certaines concessions à l'employeur, «sans que celui-ci ne réponde positivement à une seule de nos demandes. »
Selon Michel Valiquette, porte-parole du secteur de l'hôtellerie à la Fédération du commerce, la direction de l'hôtel demande de nombreux reculs dans les conditions de travail. Notamment, elle voudrait faciliter la perte de statut de salarié régulier, afin d'éviter de devoir payer les avantages sociaux s'y rattachant.
Lors de l'assemblée générale des membres, mercredi après-midi, 125 employés syndiqués sur 300 étaient présents et ils ont voté à 94 % pour se munir d'un mandat de grève générale illimitée.
Le syndicat des employés du Hyatt Regency fait partie des 35 syndicats CSN qui coordonnent présentement leurs négociations dans le secteur de l'hôtellerie. En plus de la région de Montréal, les négociations ont cours dans des établissements hôteliers de Québec, de l'Estrie, de la Montérégie et de l'Outaouais.