Simon Lord
Argent
Les étudiants quitteront bientôt leurs bancs d’école pour l’été. Ils vous remplaceront pendant vos vacances pour combler des postes de soutien. Et cette année, la belle saison s’annonce chaude du point de vue de l’emploi.
«Les étudiants seront très sollicités cet été», prévoit Johanne Berry, porte-parole de l'Association nationale des entreprises en recrutement et placement de personnel.
L’affichage d’emplois d’été avait chuté de 16% entre 2008 et 2009, selon des chiffres du Centre de gestion de carrière de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM (CGCESG). Cette année, le retard est passé à 8% par rapport à 2008.
«Nous avons réussi à rattraper la moitié du retard accusé en 2009 dans l’affichage de postes. Si cela ne semble pas impressionnant, je peux affirmer que les étudiants n’ont aucun problème à se trouver un bon emploi pour l’été», précise Benoît Desgroseillers, directeur du CGCESG.
Les chiffres lui donnent raison. En 2009, le taux de chômage estival chez les jeunes de 15 à 24 ans s’élevait encore à 19,2%. En 2010, ce chiffre est tombé à 16,8%.
Les emplois d’été sont, pour une partie des étudiants, une manière de récolter quelques dollars, d’acquérir de l’expérience professionnelle pour une première fois et de passer le temps. Ceux-ci travaillent principalement dans la restauration, le commerce au détail, les cinémas et les parcs d’attraction.
Plus de 90% des 1000 employés saisonniers de La Ronde sont des étudiants, indique Catherine Tremblay, porte-parole.
Un travailleur sur cinq dans le secteur du commerce de détail profite de l’été pour prendre ses vacances, selon des chiffres du Conseil québécois du commerce de détail.
Les étudiants sont donc appelés en renfort pour combler les postes de vendeurs, commis de plancher, manutentionnaires et caissiers laissés vacants.
Préparer sa carrière
Pour d’autres étudiants plus près de la sortie de leurs parcours scolaire, les emplois d’été représentent une opportunité d’expérimenter un choix de carrière, voire de courtiser un employeur potentiel, dit Johanne Berry.
Pour plusieurs employeurs, un emploi d’été représente souvent un tremplin pour des candidats intéressants (try-before-you-hire).
«Entre 25% et 30% des gens que nous plaçons dans un poste temporaire arrivent à se trouver un emploi permanent à l’entreprise en question par la suite», illustre-t-elle.
Les 150 000 étudiants postsecondaires québécois ayant occupé un emploi pendant l’été 2009 ont gagné en moyenne 6300$, selon Statistique Canada.
Leur salaire horaire s’est élevé à 12,50$ pour une semaine de travail de 28 heures. Entre 65% et 70% des étudiants occupent un emploi d’été.
Effort gouvernemental
Les deux paliers de gouvernement s’activent pour créer des emplois estivaux pour les étudiants. Ottawa a renouvelé le budget de 107,5 M$ du programme Emplois d’été Canada l’hiver dernier.
Celui-ci permettra de subventionner quelques 40 500 postes saisonniers dans des petites entreprises et groupes sans but lucratif cette année.
Québec, lui, ne distribue pas d’argent à cette fin, rappelle François Lefebvre, du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale. «Toutefois, nous offrons plus de 4000 emplois dans différents ministères», dit-il.