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Jean-Luc Lavallée
Agence QMI
La première ministre, Pauline Marois, veut «mettre de l'ordre» rapidement dans la maison et dans les finances publiques afin d'éviter des «compressions douloureuses». Elle a confirmé, mercredi, que son gouvernement pourrait déposer un budget dès cet automne.
Au-delà de la lutte contre la corruption qui est, sans surprise, sa priorité numéro 1, Mme Marois a en effet évoqué la possibilité de déposer un budget automnal lors de son discours inaugural à l'Assemblée nationale.
«Pour assurer une gestion responsable et prudente, j'ai demandé au ministre des Finances d'évaluer toutes les options qui s'offrent à nous, a-t-elle déclaré. Que ce soit une déclaration ministérielle, un énoncé budgétaire et, si nécessaire, la préparation d'un budget dès l'automne.»
Mme Marois a insisté sur l'urgence d'agir et a reproché au passage au gouvernement Charest de ne pas avoir respecté «le cadre budgétaire qu'il s'était lui-même fixé».
«Pour les années à venir, l'écart entre les revenus et les dépenses s'élargit rapidement et deviendra insoutenable si nous n'agissons pas maintenant. Le gouvernement devra prendre d'autres décisions dans les prochaines semaines. Si nous tardons à agir, la situation ne fera que se détériorer et d'ici quelques années, nous serons dans l'obligation de faire des compressions douloureuses dans nos services publics», a-t-elle prévenu.
Exploitation du pétrole
Pour renflouer les coffres de l'État, la première ministre dit être «déterminée à exploiter» le potentiel pétrolier du Québec, à condition de respecter les pratiques les plus élevées en matière de protection de l'environnement et de s'assurer de l'acceptabilité sociale. «Quand nous produirons du pétrole, ce sera pour enrichir tous les Québécois, y compris les prochaines générations.»
Compromis avec l'opposition
Pauline Marois a lancé plusieurs appels à la collaboration aux partis d'opposition.
«Après ce printemps qui nous aura tellement divisés, unissons-nous pour faire de l'automne 2012 un moment important de notre histoire, a-t-elle poursuivi. Faisons en sorte que notre indignation collective se transforme en action et que le Québec redevienne l'une des nations les plus intègres et transparentes du monde. Voilà ce que doit être notre aspiration.»
Son gouvernement minoritaire sera «à l'écoute» et recevra, a-t-elle dit, avec «beaucoup d'ouverture les propositions constructives de l'opposition».
«Nous devons chercher, en toute occasion, les voies de passage qui nous permettront d'avancer, de bâtir un Québec plus intègre, plus prospère, plus solidaire et plus fier de son identité», a insisté Pauline Marois.
Tolérance zéro à la corruption
«Je m'engage aujourd'hui devant vous à mobiliser l'ensemble du gouvernement pour faire un grand nettoyage, de fond en comble, jusqu'au bout. Devant la corruption, à partir de maintenant, ce sera tolérance zéro», a martelé la première ministre.
Le nouveau gouvernement péquiste déposera dès demain sa Loi 1 favorisant l'intégrité en matière de contrats publics.
«Dorénavant, les entreprises qui voudront obtenir des contrats du gouvernement, des villes ou des organismes publics, devront faire preuve de probité et d'intégrité. Avec cette loi, il n'y aura plus d'échappatoire», a-t-elle assuré.
Mme Marois a interpellé les partis d'opposition pour que cette Loi 1 soit adoptée avant l'ajournement des travaux parlementaires en décembre.
«
Je demande à tous les élus, de tous les partis, de faire en sorte qu'elle soit adoptée avant les fêtes», a-t-elle dit.
Un autre projet de loi sera rapidement déposé pour que le financement des partis politiques devienne «essentiellement public». Puis, elle promet un autre projet de loi pour instituer des élections à date fixe.
Monde municipal
Le gouvernement veut également assainir les mœurs politiques dans le milieu politique municipal.
«Je dois dire ici que la très grande majorité des élus municipaux est parfaitement intègre et digne de notre confiance. Malheureusement, les quelques-uns d'entre eux qui manquent d'intégrité ternissent la réputation de tous les autres et provoquent la colère justifiée des citoyens».
«Le gouvernement est donc à la recherche d'un moyen législatif permettant de faire en sorte que les élus municipaux mis en cause par la justice dans des affaires criminelles en lien avec leur charge soient relevés de leur fonction», a-t-elle ajouté.
«Nous discuterons également avec les élus municipaux et avec les partis d'opposition de la possibilité de limiter à trois les mandats des maires des villes de plus de 5000 habitants», a-t-elle également évoqué, histoire de rassurer les maires de Saguenay et Québec qui sont contre un tel projet. Le gouvernement Marois va d'abord consulter avant d'imposer une loi.
Compromis avec l'opposition
Pauline Marois a lancé un appel à l'unité, invitant à quelques reprises les partis d'opposition à collaborer. «Après ce printemps qui nous aura tellement divisés, unissons-nous pour faire de l'automne 2012 un moment important de notre histoire, a dit Mme Marois.
«Faisons en sorte que notre indignation collective se transforme en action et que le Québec redevienne l'une des nations les plus intègres et transparentes du monde. Voilà ce que doit être notre aspiration.»
Son gouvernement minoritaire sera «à l'écoute» et recevra, a-t-elle dit, avec «beaucoup d'ouverture les propositions constructives de l'opposition». «Nous devons chercher, en toute occasion, les voies de passage qui nous permettront d'avancer, de bâtir un Québec plus intègre, plus prospère, plus solidaire et plus fier de son identité.»
Elle n'a pourtant pas ménagé les libéraux, dans ce même discours, soulignant que «nous sortons de neuf ans de torpeur». Elle a aussi accusé le précédent gouvernement d'avoir procédé à un «maquillage statistique» sur la question du décrochage scolaire, suscitant quelques huées dans les banquettes de l'opposition.
Plan Nord
Mme Marois a également voulu rassurer les milieux d'affaires, dans son discours inaugural, en annonçant la création d'un «secrétariat au développement nordique» qui remplacera le projet libéral de la Société du Plan Nord.
«Le développement du Nord constitue un formidable potentiel de création de richesse pour tous, a-t-elle dit. Nous avons l'intention de mettre en place un nouveau régime de redevances minières qui fera en sorte d'enrichir davantage les Québécois à qui appartiennent les ressources. Mon gouvernement veut également inciter les entreprises à transformer bien davantage chez nous ces ressources qui nous appartiennent.»
Places en garderies
Parmi les nombreux engagements électoraux qu'elle souhaite concrétiser, Pauline Marois a évoqué le déblocage imminent de milliers de places subventionnées en garderie. Ces places «commenceront à être disponibles dans les prochains mois». «D'ici quatre ans, ce sera : un enfant, une place», a-t-elle promis. Les tarifs des services de garde seront gelés «jusqu'à ce que le réseau soit compété».
Registre des armes à feu
Mme Marois a également annoncé son intention de déposer un projet de loi en vue de créer un registre québécois des armes à feu sans restriction afin d'assurer la sécurité des policiers et de la population. «Ce registre sera mis en place lorsque nous obtiendrons les données québécoises contenues dans le registre canadien des armes à feu», a dit Mme Marois.
Un autre projet de loi sera déposé éventuellement par le gouvernement Marois afin de mettre sur pied un Bureau des enquêtes indépendantes chargé des enquêtes lors d'incidents impliquant les policiers. Ce Bureau serait «composé et dirigé par des civils ainsi que par des enquêteurs d'expérience», a précisé Mme Marois.
Langue
«Le gouvernement ira le plus loin possible dans la promotion de notre langue en déposant une nouvelle charte de la langue française, a indiqué la première ministre. Préserver la place du français comme langue publique commune, c'est dans l'intérêt le plus haut de la nation québécoise. Je compte sur tous les parlementaires, de tous les partis, pour travailler dans un esprit constructif et pour avancer sur cette question névralgique pour notre peuple.»
Une commission parlementaire verra le jour afin d'étudier la pertinence d'une loi sur le prix unique du livre et ses impacts. Le gouvernement souhaite ainsi appuyer les auteurs, éditeurs et libraires québécois qui ne peuvent concurrencer contre les magasins à grande surface qui offrent des escomptes de 25% à 30% sur le prix de détail suggéré des best-sellers.
Charte de la laïcité
Le gouvernement péquiste entend également lancer des consultations sur une éventuelle Charte de la laïcité. «En matière de citoyenneté, notre société n'a jamais réglé les questions surgies à la suite de la crise des accommodements raisonnables, a-t-elle dit. Pour y remédier, nous avons proposé l'adoption d'une charte de la laïcité, ainsi qu'une loi sur la citoyenneté québécoise.
Ces propositions fondamentales doivent bénéficier de l'adhésion du plus grand nombre.
Exploitation du pétrole
Pour renflouer les coffres de l'État, la première ministre dit être «déterminée à exploiter» le potentiel pétrolier du Québec, à condition de respecter les pratiques les plus élevées en matière de protection de l'environnement et de s'assurer de l'acceptabilité sociale. «Quand nous produirons du pétrole, ce sera pour enrichir tous les Québécois, y compris les prochaines générations», a-t-elle dit.