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NYSE Euronext et Nasdaq OMX Group et Bats Global Markets ont annoncé lundi la fermeture de leurs marchés américains mardi, en raison du passage de l'ouragan Sandy.
Cette décision a été prise en coordination avec tous les marchés américains d'actions, d'obligations, d'options et de dérivés, a fait savoir NYSE.
Wall Street avait déjà été contrainte de fermer lundi.
Les météorologues du Centre national des ouragans (NHC) estiment que l'ouragan de 1 600 km de large, qui doit d'abord toucher les régions de New York et du New Jersey avant de s'enfoncer vers Philadelphie et la Pennsylvanie, pourrait être la plus grave perturbation de l'histoire des États-Unis.
NYSE a précisé que les marchés pourraient rouvrir mercredi si les conditions le permettent, ajoutant que davantage d'informations seront publiées mardi.
Richard Repetto, analyste de Sandler O'Neill, évalue à près de six millions de dollars à peu près le manque à gagner quotidien de NYSE Euronext, du marché de dérivés CME Group et de Nasdaq OMX pour chaque jour de fermeture.
C'est la première fois depuis le 27 septembre 1985 lors du passage de l'ouragan Gloria qu'un phénomène météorologique pousse Wall Street à fermer ses portes.
L'économiste Sébastien Lavoie, de Valeurs mobilières Banque Laurentienne, ne cache pas son inquiétude sur les effets économiques potentiels de la tempête. Il parle même de contraction de l'économie américaine.
« S'il y a vraiment des inondations et tous les effets que cela peut engendrer, comme l'ouragan Katrina par exemple, les dégâts pourraient être majeurs et entraîner une paralysie de l'économie pour plusieurs jours. À ce moment-là, on pourrait voir une chute de l'économie américaine pour le reste de l'année », indique M. Lavoie.
Les coûts pour les assureurs pourraient être supérieurs à ceux provoqués par Katrina en 2005.
En frappant notamment la ville de New York, une part importante de l'activité économique américaine sera paralysée pour quelques jours.
On estime que cette paralysie touchera 25 % de l'économie, soit 45 milliards de dollars de pertes. En comparaison, Katrina qui a été très dévastateur (couts de pertes de plus de 108 milliards $) concernait un peu plus de 5 % de l'activité économique américaine.
Selon centre national des ouragans, Katrina, survenu en 2005, arrive en tête avec des pertes estimées à 108 milliards de dollars suivi de l'ouragan Ike en 2008, avec 29,5 milliards $ et Andrew en 1992 qui a coûté près de 26,5 milliards $.
Plusieurs entreprises ont reporté la publication de leurs résultats trimestriels qui étaient prévus lundi, parmi lesquelles le géant pharmaceutique Pfizer et le producteur d'électricité Entergy.

12 000 vols annulés
Outre la bourse, le secteur des transports risque fort de souffrir du passage de Sandy. Plus de 12 000 vols ont déjà été annulés. Les transporteurs ont annulé les frais pour les clients qui devaient changer leurs plans en raison des vols annulés.
Selon le consultant en transport George Hamlin, l'ouragan pourrait coûter des centaines de millions de dollars à l'industrie. Notamment, les compagnies aériennes devront probablement payer des heures supplémentaires aux équipages qui ne peuvent revenir à leur base.
Les assureurs inquiets
En ligne de mire, le coût de Sandy pour les assureurs. Selon certains analystes, il pourrait dépasser celui de l'ouragan Katrina en 2005. Ce dernier avait entraîné 108 milliards de dollars de dégâts.
« Si Sandy touche les métropoles géantes, il faut s'attendre à d'importants dommages, qui seront non seulement composés de dommages matériels, mais aussi d'interruptions d'activité », ont déclaré les analystes de la Banque Cantonale de Zurich (ZKB).
Près de 50 millions de personnes se trouvent sur la trajectoire de Sandy, qui a déjà tué 66 personnes dans les Caraïbes et dont les vents se font ressentir à près de 800 km à la ronde.
A Washington, la Cour suprême, l'une des rares institutions de la région qui continuaient à fonctionner, a renoncé à siéger mardi. Le gouvernement a demandé à ses employés, hors services d'urgence, de rester chez eux.
Coupures de courant
La perturbation conjugue les caractéristiques d'un cyclone tropical et d'une tempête hivernale, et dispose donc de tous les ingrédients pour se transformer en "super tempête".
Dans les États situés sur la trajectoire prévisible de Sandy, des habitants ont envahi les magasins à la recherche de groupes électrogènes, de lampes de poche, de piles, et de nourriture. De la Caroline au Maine, on signalait 14 000 foyers sans électricité dimanche soir.
Le groupe énergétique Phillips 66 a fermé dans le New Jersey sa raffinerie de pétrole de Baiway, la deuxième plus importante de la côte Est, ainsi que trois autres sites.
Au total, la dépression devrait perturber la production de deux raffineries sur trois dans l'Est des États-Unis.
Colonial Pipeline, n°1 américain des oléoducs, continue d'acheminer essence et diesel à partir des raffineries du golfe du Mexique jusqu'à Linden, le terminal pétrolier du port de New York. Mais le transport pourrait cesser lorsque les effets de l'ouragan commenceront à se faire sentir.
On s'attend que les sites nucléaires de Salem et Hope Creek, gérés par Public Service Enterprise Groupe (PSEG) et qui sont sur le passage de l'ouragan, soient fermés.
Avec Reuters