Michel Munger
Argent
Option consommateurs s'oppose à l'achat du diffuseur Astral (ACM.A) pour 3,4 G$ par Bell Canada (BCE). Elle demande au Bureau de la concurrence et au CRTC de dire non à la transaction.
L'organisme qui défend les droits des consommateurs estime que la fusion entre Bell et Astral fera monter les prix des forfaits de télé.
«Il faut arrêter de nous faire croire que l'entrée en scène de ce gros joueur permettrait de relancer la concurrence, affirme Robert Cazelais, directeur général d'Option consommateurs dans un communiqué. L'histoire nous montre que ce type de méga alliance n'apporte rien de bon aux consommateurs.»
Selon lui, la situation est déjà suffisamment mauvaise à l'heure actuelle. «Au Canada, ajoute M. Gazelais, nous payons beaucoup plus cher que dans la plupart des pays occidentaux nos services de téléphonie cellulaire et de câblodistribution».
Option consommateurs craint que la transaction Bell-Astral donne naissance à un empire aux parts de marché sans égal en Occident. L'entreprise regroupée détiendrait une cinquantaine de chaînes spécialisées, en plus d'un important réseau de stations de radio et d'affichage publicitaire.
«Quel sera, demande M. Cazelais, le pouvoir de négociation laissé aux consommateurs ? La forte concentration des joueurs sur le marché donnerait peu d'alternatives à celui qui souhaite changer de fournisseur. C'est inquiétant.»
L'organisme a aussi l'impression que la convergence prend trop de place au Québec, aux dépens des médias indépendants qui sont de plus en plus rare.
La concurrence au Québec
Ce n'est clairement pas l'avis de Bell.
«L'acquisition d'Astral intensifie la concurrence en mettant Bell sur un pied d'égalité avec son principal concurrent dans l'important marché des médias au Québec, affirme Jean-Charles Robillard, chef des communications. Une concurrence accrue est clairement bénéfique pour la population du Québec.»
M. Robillard avance que le système de radiodiffusion a intérêt à ce que la transaction se réalise afin d'offrir plus de choix de contenu.
«Le bloc d'avantages de 200 M$ annoncé plus tôt cette semaine, dit M. Robillard, augmentera également les fonds disponibles pour le développement de la programmation et des talents d'ici».
Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) prévoit tenir ses audiences sur la transaction dès le 10 septembre.
«La transaction est complexe. La période d'examen pourrait prendre plusieurs mois», explique Greg Scott, porte-parole du Bureau de la concurrence du Canada.