Stéphane Sinclair
Agence QMI
La financière Norfolk, qui estime s’être « fait niaiser » par la municipalité d’Oka, compte se rendre sur son terrain revendiqué par les Mohawks le 4 ou le 5 janvier prochain, afin d’y effectuer des études de sol.
Estimant ne pas avoir eu de réponse de la municipalité d’Oka le 24 décembre dernier comme le procureur de la municipalité s’y était engagé, Normand Ducharme, copropriétaire du terrain situé devant la pinède d’Oka, compte procéder à des études de sol.
M. Ducharme s’attendait à recevoir une réponse de la municipalité le 20 décembre, or, tout ce qu’il a obtenu est la promesse d’avoir une réponse avant le 22 décembre 2011 à 16 h. « C’est dans un an ça ! Est-ce une erreur? Ou il me niaise? Alors, on a attendu le 23 décembre 2010 », s’est exclamé Normand Ducharme.
L’avocat de Norfolk a finalement reçu une lettre indiquant que la municipalité allait faire parvenir son offre le 24 décembre. Le 28 décembre dernier, Normand Ducharme n’avait toujours pas eu de nouvelles et les bureaux de la municipalité d’Oka sont fermés jusqu’au 3 janvier.
« On se fout de notre gueule. Nous allons monter avec des ingénieurs pour analyser le terrain. Il y a des arbres qui menacent de tomber sur certaines maisons et si cela arrive, je vais être tenu criminellement responsable. Quand on a commencé à négocier avec la Ville, elle s’était engagée à aller couper les arbres dangereux qui menacent de tomber sur des résidences. Il n’y a rien de fait. Je ne peux pas laisser faire ça. Alors le 4 ou le 5 janvier, nous allons nous y rendre », a soutenu M. Ducharme.
Norfolk dit avoir reçu l'assurance, l'été dernier, que le montant offert pour les terrains ne tiendrait pas compte de la dévaluation causée par la revendication territoriale des Mohawks.
« On avait convenu qu'ils paieraient la valeur au propriétaire et non la valeur marchande. C'est-à-dire qu'ils ne devaient pas tenir compte de “l'effet mohawk”. Mais, là, ils ont changé d'idée. »
En cas d'expropriation, la « valeur au propriétaire » est la valeur qu'une propriété a pour celui qui en a la possession. Contrairement à la « valeur marchande », qui elle, est déterminée par le marché.
Norfolk a pris possession des terrains après que leur ancien propriétaire, l’un de ses débiteurs, n’ait pu honorer ses dettes. Le terrain a servi à couvrir une dette de 100 000 $, mais Norfolk estime sa valeur à environ 400 000 $ après avoir versé plus de 200 000 $ en taxe de bienvenue, intérêts, etc.
Joint au téléphone, le procureur de la municipalité, Me Paulus a mentionné que la municipalité travaillait à présenter une offre, mais qu’il n’y avait pas urgence.
« C’est à l’avantage de Norfolk de créer une urgence, nous on ne voit pas d’urgence », explique-t-il.
Le responsable des communications dans le dossier, Richard Belisle, a expliqué que les parties s’étaient engagées à ne pas régler le dossier sur la place publique, ce qui n’aurait pas été respecté Normand Ducharme.