Michel Munger
Argent
Seulement la moitié des 500 000 distributrices et machines de change au Canada acceptent le nouveau billet de 20 $ en polymère et la situation ne changera pas de sitôt.
La nouvelle coupure est plus sécuritaire, mais bien des commerçants n'ont pas le goût de modifier leurs distributrices tout de suite, parce que les 5 $ et 10 $ viendront d'ici la fin de 2013.
«Il faut faire des mises à jour dessus, ce qui peut coûter 40 à 50 $ [à chaque fois], indique Vincent Laroche, adjoint aux ventes de Distomatic, un distributeur de Boucherville. Sinon, nous avons un programme d'échange de lecteur, remettant un nouvel appareil au client pour 250 $.»
L'entreprise, qui dessert le Québec, les Maritimes et l'Ontario, constate la réticence au changement parmi ses 3000 clients.
«Beaucoup ne veulent pas payer pour deux mises à jour, explique M. Laroche. Ceux qui agissent tout de suite comprennent pourtant qu'ils rentabilisent leur investissement en ne perdant pas de ventes.»
Ce n'est pas la première fois que la compatibilité des lecteurs avec les changements de la Banque du Canada revient sur le plancher, ajoute M. Laroche. «Je ne peux pas en vendre un aujourd'hui et garantir qu'il acceptera les nouveaux 5 $. C'est un problème. Aussi, beaucoup de propriétaires de machines paient le prix des pièces de 1 et 2 $ lancées en 2011.»
La Banque du Canada reconnaît que la transition vers des billets en polymère est plus importante que les autres.
C'est pour cela que le travail s'est amorcé tôt, assure la porte-parole Julie Girard. «Nous avons commencé à travailler avec l'industrie en 2009, pour lui donner amplement le temps de s'adapter. Nous avons dévoilé le design des billets six mois avant [leur mise en circulation], soit le double des transitions passées.»
La porte-parole précise que 1,6 milliard de billets de banque sont en circulation, dont la moitié sont des 20 $. Le volume serait trop grand pour lancer toutes les nouveautés en même temps.
«Pensons au mouvement d'argent à travers le pays, qui est grand, poursuit-elle. Il y a les banques, les détaillants, les transporteurs de valeurs, la police et les personnes aveugles qui en dépendent. Il faut s'assurer qu'ils sont tous bien informés et qu'ils ont le temps s'adapter.»
Au bout du compte, la Banque du Canada promet que les billets en polymère resteront en meilleur état pendant plus longtemps. Cela minimisera les rejets futurs par des distributrices.
Ils doivent aussi prévenir la production de faux. On en compte aujourd'hui 35 pour chaque million en circulation, contre 470 en 2004.