Geneviève Lajoie
Agence QMI
Le Commissaire à l'éthique et à la déontologie a décidé d'enquêter sur l'embauche de Nathalie Normandeau par la firme Raymond Chabot Grant Thornton à la suite d'une plainte déposée par la Coalition Avenir Québec (CAQ).
Le député coalisé Éric Caire a déposé formellement lundi une plainte demandant à Jacques Saint-Laurent de se pencher sur le cas de l'ex-ministre libérale.
Mme Normandeau a quitté le gouvernement de Jean Charest en septembre. Moins de cinq mois plus tard, elle se joint à la firme Raymond Chabot Grant Thornton à titre de vice-présidente au développement stratégique.
Le nouveau code d'éthique des députés, entré en vigueur le 1er janvier 2012, interdit à un ex-ministre de « tirer d'avantages indus de ses fonctions antérieures ».
« J'estime qu'il y a tout lieu, pour l'institution que vous représentez, de faire toutes les vérifications nécessaires afin de conclure si des manquements au Code ont été commis », écrit le député de La Peltrie dans sa missive.
« Vous n'êtes pas sans savoir que Mme Normandeau, ancienne ministre responsable du Plan Nord du gouvernement du Québec, occupera dorénavant un poste de haute direction dans une firme très active auprès des sociétés minières et qui a publiquement fait connaître son intérêt dans le Plan Nord », ajoute-t-il.
Selon M. Caire, il est clair que la conduite de l'ex-ministre viole à tout le moins la directive du premier ministre émise en 2003 concernant les règles d'après mandat des membres du Conseil des ministres et alimente de façon inacceptable le cynisme de la population envers toute la classe politique.
Cependant, il y a fort à parier que cette plainte reste lettre morte. Joint vendredi dernier, le commissaire Saint-Laurent a soutenu qu'il n'a aucun pouvoir sur des événements qui se sont déroulés avant le 1er janvier 2012.
« Dans le cas de Mme Normandeau, qui a quitté ses fonctions en septembre, je ne peux pas intervenir », avait-il précisé.