Olivier Bourque
Argent
Un appel au boycottage contre Desjardins a été lancé par un maire de la région de Bellechasse après la fermeture d'un centre financier aux entreprises.
Le politicien espère que cela fera boule de neige auprès des élus de tout le Québec afin de stopper le mouvement coopératif, «un videur de région».
Le maire de Saint-Anselme Michel Bonneau est en rogne, car il vient de perdre son centre financier aux entreprises qui employait 50 personnes dans sa municipalité. Il a écrit une lettre ouverte pour dénoncer Desjardins qui « ferme ses centres en région » pour les déménager en ville.
« Moi je dis aux élus : emboîtez le pas. Arrêtez de vous faire acheter par Desjardins, défendez-vous ! Je leur dis : j'aime mieux ne pas recevoir 10 000 $ pour une pub quelconque et garder mes emplois », estime M. Bonneau en entrevue avec Argent.
Ce dernier estime d'ailleurs que l'institution est en train de déserter les régions du Québec. Il donne pour exemple le nombre de caisses qui a chuté dans sa région passant de 20 établissements à seulement trois. Toutefois, les autres établissements n'ont pas été fermés, mais transformés en points de service.
« Moi je remarque qu'on s'éloigne des gens. Qui dirige Desjardins actuellement ? C'est une femme qui vient des banques et elle veut qu'ils fonctionnement comme une banque », tonne l'élu fortement déçu du mouvement.
Selon lui, la vague de fusions des caisses Desjardins partout au Québec devrait aussi être un rappel à l'ordre pour respecter l'esprit du fondateur. «C'est de moins en moins une coopérative. Alphonse Desjardins doit se retourner dans sa tombe», estime l'élu.
Lors de la mise en ligne du texte, Desjardins était incapable de nous donner le nombre exact de fusions de caisses réalisées au cours des trois dernières années.
Pas d'impacts
Contacté par Argent, Marcel Dostie, directeur général de la caisse populaire des Monts et Vallées de Bellechasse, affirme que ces changements n'auront aucun impact sur les clients – surtout des fermiers et des travailleurs agricoles – de la région.
« Les directeurs se rendent chez les clients et ils vont continuer de le faire. Il était très rare qu'ils viennent au centre. Donc, pour eux, rien ne change. Mais pour nous, c'est dans un souci d'efficacité que nous sommes allés de l'avant », a-t-il affirmé.
Mais selon M. Bonneau, le service aux clients va se transformer. « Ces directeurs seront rattachés à Lévis à 25 kilomètres de chez-nous. Donc on peut imaginer qu'ils seront moins sur la route et davantage au téléphone », croit-il.
Selon le porte-parole du Mouvement Desjardins André Chapleau, cette décision est loin d'un désaveu envers les régions. «Nous avons toujours été engagés auprès des régions et nous le resterons ».
Notons que le directeur de la Caisse de Saint-Anselme ainsi que le président du conseil d'administration ont démissionné la semaine dernière. Mais selon le porte-parole, cela n'a rien à voir avec la décision de déménager le centre financier aux entreprises à Lévis.