b>Emmanuel Delacour
Agence QMI
À la suite de l'arrestation de Tony Accurso, la Ville de Montréal a annoncé jeudi qu'elle suspend l'étude de plusieurs contrats avec les entreprises de l'homme d'affaires.
Toutefois, Richard Deschamps, vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, a indiqué que ce « temps d'arrêt » n'est pas en lien avec le coup de filet de la Gendarmerie royale du Canada.
De leur côté les porte-parole de Vision Montréal, la mairesse de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, Mme Chantal Rouleau, ainsi que le maire de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, M. Réal Ménard, se sont dits consternés d'apprendre qu'au même moment, deux des compagnies de Tony Accurso, en l'occurrence Louisbourg SBC s.e.c. et Gastier M.P. inc., sont sur le point de mettre la main sur 16 nouveaux contrats de travaux publics à la Ville de Montréal.
Pour sa part, Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, a soutenu que « le maire a le choix de ne pas donner suite à un appel d'offres, et il n'a pas de raisons à donner pour ce faire. Si en son âme et conscience, il a des doutes ou un malaise à voir un contrat accordé à une entreprise quelconque, il a le pouvoir de suspendre le processus d'appel d'offres. C'est évidemment ce que je ferais dans cette situation si j'étais maire de Montréal ».
Pas d'annulation des contrats
Ce à quoi M. Deschamps a rétorqué que la Ville n'annulera pas les contrats qui ont déjà été octroyés aux compagnies de M. Accurso, afin d'éviter des poursuites judiciaires qui pourraient coûter cher aux contribuables.
La loi 35, qui a récemment été adoptée à l'Assemblée nationale, prévoit que les entreprises dont les dirigeants sont reconnus coupables d'infraction ne peuvent pas se voir accorder des contrats publics.
« M. Accurso n'est pas accusé pour l'instant, nous respectons donc la loi 35 en ne retirant pas les contrats à ses entreprises », a soutenu M. Deschamps. Ce dernier ajoute que le maire de Montréal a récemment communiqué avec le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, afin que la loi soit resserrée, car elle ne permet pas à une ville de se protéger contre les multiples filiales associées aux administrateurs accusés.
Cependant, s'il advenait que M. Accurso soit formellement accusé, ce sont des dizaines de chantiers, dont la valeur s'élève à près de 40 millions $ qui pourraient être paralysés.
En effet, près de 30 % de la valeur des mandats de la Ville de Montréal sont réalisés par les entreprises de Tony Accurso.