Olivier Bourque
Agence QMI
Même si le lock-out dans la LNH est maintenant chose du passé, le modèle de la ligue n'est pas viable à long terme. C'est ce que croit le Conference Board du Canada dans une note publiée aujourd'hui qui risque de faire d'alimenter les discussions.
Le lock-out s'est terminé la semaine dernière après d'intenses négociations à New York. Un des points de cette entente vise le partage égal des revenus de la LNH entre les équipes et les joueurs.
Mais les chercheurs Glen Hodgson et Mario Lefebvre croient qu'il ne s'agit pas d'une solution qui assurera la pérennité de la ligue.
«On vient de se taper 100 jours de lock-out, mais on a oublié le problème fondamental : on a fait une expansion dans des marchés où l'intérêt n'est pas là», affirme M. Lefebvre en entrevue à la chaîne Argent.
C'est le président actuel Gary Bettman qui a entamé cette vaste expansion à la fin des années 90 envoyant des franchises canadiennes vers des marchés américains, surtout au Sud.
Pas un problème de revenus
Avec la nouvelle entente, les revenus de la ligue qui sont évalués à 3,3 milliards $ seront répartis également entre les joueurs et les équipes. Avant, ces dernières recevaient 1,4 milliards de ce montant. Elles recevront donc ensemble 250 millions $ de plus.
«Les équipes vont toucher à peu près 8 millions $ de plus chacune. Mais pour bien des marchés, c'est loin d'être suffisant. Cela ne fait qu'étirer leur situation déficitaire», constate M. Lefebvre.
Par exemple, l'entente aidera deux des équipes les plus déficitaires : les Coyotes de Phoenix (-20,6 millions $) et les Blue Jackets de Colombus (-18,7 millions $). Mais leur situation globale va demeurer difficile, prédit le chercheur.
«Bien franchement, le lock-out n'a sûrement pas aidé ces marchés. Est-ce que Phoenix ou Colombus vont réussir à attirer des gens et à conserver leurs revenus ? Je n'en suis pas sûr. Faudrait envisager déménager les équipes qui sont les plus déficitaires», a assuré M. Lefebvre.
Québec devrait accueillir une équipe
Selon les chercheurs, la LNH devrait revenir dans ses marchés plus traditionnels notamment au Canada. Après le retour de Winnipeg dans le giron, les économistes verraient bien Hamilton, mais encore plus Québec accueillir une équipe.
«Une où l'autre des deux villes devrait avoir une équipe. Il semble qu'il y ait des choses à régler à Hamilton, mais Québec est prête pour la LNH», estime le chercheur.
Selon lui, la ville est en meilleure forme économique si on la compare avec sa situation en 1995, année maudite où la Vieille capitale a perdu les Nordiques et les Jeux olympiques.
«L'économie roule mieux à Québec, il y a plus d'entreprises, on va construire l'amphithéâtre. Bref, le marché est plus apte maintenant», assure le chercheur.
Pour le Conference Board, ces changements pourraient changer le visage de la ligue.
«On a pris les fans en otage et les équipes qui vont bien. Il faut régler la situation financière de la ligue au plus vite», conclut le chercheur.