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Trois questions à Strat Goodship, pdg de Miranda
Denise Proulx
Argent
Miranda Technologies (MT) est une entreprise réputée à l'échelle internationale qui a su mettre en valeur le savoir-faire québécois en solutions et logiciels numériques multiplateformes pour la télévision, par câble, par satellite et internet (IPTV).
En créant son entreprise en décembre 1989, l'ingénieur Christian Tremblay avait compris que la technologie numérique en télévision transformerait le milieu du divertissement.
L'entreprise montréalaise fut la première à commercialiser le convertisseur analogique. La première aussi, en 1998, à créer le mur d'images derrière un animateur.
Depuis, Miranda ne cesse d'innover pour anticiper les technologies révolutionnaires. « Plus il y a des changements, plus on aime ça. Nous entrons dans de nouveaux formats de télévision sur demande, qui exigent des infrastructures informatiques, mais surtout des équipements sophistiqués. Cela nous indique la direction à prendre », reconnaît Strath Goodship, président-directeur général de Miranda.
Miranda compte des bureaux régionaux à travers les États-Unis et l'Europe, et développe de nouveaux marchés en Europe de l'Est et en Asie. Les pays d'Amérique du Sud sont aussi dans sa mire, surtout le Brésil, qui réclame de nouveaux canaux de télévision et des contenus pour les alimenter.
En mars, à la demande de la Slovénie, Miranda a lancé un nouveau Réseau de communications satellite (STN) en trois jours, ajoutant ainsi un autre canal aux neuf déjà existant qui utilisent déjà sa technologie. « Pour nous, c'est de la routine », a commenté le président.
Un marché en expansion
Le marché potentiel de l'équipement télévisuel est évalué à 1,5 milliard $ et son expansion croit de 5 à 10 % par année. Miranda détient à peine 11 % des parts. « Dans les segments où nous sommes actifs, nous sommes les meilleurs. Et nous comptons le demeurer. Nous planifions prendre de l'expansion par attrition et nous avons des cibles d'achat bien précises » , complète Strath Goodship.
Miranda tient à conserver sa place de meneur. « Nous avons 15 personnes dédiées à comprendre les enjeux techniques et d'affaires de nos clients. Nous ambitionnons être les premiers à fabriquer la technologie recherchée », poursuit le président.
Deux Emmy Awards
Le milieu de la télévision apprécie de plus en plus l'entreprise pionnière. En janvier 2012, Miranda recevait de l'Academy of Television Arts & Sciences un Emmy Award pour la qualité du développement et de la standardisation des aspects de contrôle technique (AFD). Un premier Emmy Award lui avait été décerné en 2011 pour les technologies de support fournies durant la rediffusion télévisuelle des Jeux olympiques de Vancouver en 2010.
Miranda attire les investisseurs
Depuis deux ans, Miranda est dans la mire d'investisseurs étrangers. Au point que le conseil d'administration ne peut plus les ignorer. Ses administrateurs viennent de mettre en place une procédure d'analyse des offres afin de choisir celle qui sera la plus raisonnable.
Entreprise publique depuis 2005, les actionnaires veulent s'assurer de vendre à la véritable valeur marchande de l'entreprise. Si les investisseurs rechignent à payer le juste prix, il n'y aura pas de vente. Aucune décision ne sera prise avant 60 à 90 jours.
« C'est très dérangeant et cela nous distrait de nos activités d'affaires habituelles. Pendant ce temps, nous ne nous concentrons pas sur les acquisitions. Ça doit demeurer une décision d'argent, bien réfléchie », soutient le président de Miranda Strath Goodship.
Et pas question de quitter Montréal. Le dirigeant de Miranda estime que le succès de l'entreprise repose sur l'âme montréalaise, créative, multiculturelle, bilingue. Miranda a Montréal tatoué sur le cœur. Plus de 50 % de son équipe y travaille, soit 350 personnes. « C'est notre savoir-faire qui intéresse les investisseurs, pas nos brevets. Notre capacité de développer de nouvelles technologies, de nous préparer à la télévision à la carte. Sortir Miranda de Montréal, ce serait perdre ce qui alimente son dynamisme », a-t-il conclu.