Michel Munger
Argent
L'arrivée de Target rend l'industrie du détail nerveuse et la chaîne d'ameublement Léon (LNF) réagit en achetant sa concurrente The Brick (BRK) pour 700 M$.
L'acquéreur, établi en Ontario, a annoncé dimanche qu'il paiera 5,40 $ par action et versera 4,40 $ par bon de souscription en circulation. Le montant par action représente une prime de 54% sur le cours du titre de Brick à la fermeture de la Bourse de Toronto vendredi.
D'ailleurs, l'action grimpait de 51% à 5,30 $ lundi après-midi.
Le réseau de Meubles Léon, qui compte 76 magasins dans neuf provinces, dont le Québec, se bonifie avec 230 établissements de bannières The Brick, United Furniture Warehouse, The Brick Mattress Store et Urban Brick.
Les diverses bannières poursuivront leur existence après l'acquisition.
«Cette transaction réunit deux importantes entreprises qui sont complémentaires sur le plan géographique, a déclaré le président et chef de la direction de meubles Léon, Terry Léon, dans un communiqué dimanche. Nos équipes combinées nous permettront d'avoir accès notamment à un réseau de distribution nationale qui augmentera notre capacité de faire de la vente en ligne.»
En plus de vendre davantage sur le Web, Léon se prépare à l'arrivée du géant américain Target, explique Frank Pons, professeur de marketing à l'Université Laval.
«Target fait peur à plusieurs niveaux parce que c'est une marque agréable pour les consommateurs, souligne M. Pons. La manière de vendre les produits est différente et les concurrents devront s'adapter.»
«Target est un bon joueur et c'est un concurrent direct qui fait réagir tout le monde, pas seulement le secteur de l'ameublement, enchaîne JoAnne Labrecque, professeure en marketing à HEC Montréal. On sent une certaine nervosité [avec son arrivée].»
D'autre part, un mouvement de consolidation est amorcé dans le secteur du meuble, qui tente d'améliorer sa rentabilité.
«Ça démontre le niveau de concurrence de l'industrie, dit la professeure. Léon cherche des économies d'échelle. Brick est bien présente dans l'Est et l'Ouest canadien. L'acquisition empêche aussi un autre concurrent étranger de venir s'installer ici.»
Ce contexte de concurrence accrue se greffe à la prudence des consommateurs, estime Mme Labrecque. «On ne peut entrevoir une croissance importante au cours des prochaines années, surtout pour les ventes de biens durables.»