Carl Renaud
Argent
Le combat que se livrent Metro (MRU) et Sobeys en Abitibi s'est transporté au palais de justice de Montréal, vendredi. L'épicier québécois tente de faire invalider un appel d'offre remporté par son rival l'automne dernier.
En septembre, le Centre local de développement de Rouyn-Noranda a mis en vente, au nom de la Société immobilière du Québec (SIQ), des terrains situés sur le chemin Senator pour trouver un promoteur intéressé à y construire un nouveau centre commercial. Metro et Sobeys, propriétaire de la bannière IGA, sont les deux seules entreprises à avoir répondu à l'invitation du CLD.
L'organisme de développement économique a annoncé en novembre qu'il avait retenu la proposition de Sobeys. Metro, qui ne possède aucun magasin à Rouyn-Noranda, n'a pas digéré la victoire de Sobeys. La chaîne d'alimentation a même demandé et obtenu une injonction pour empêcher la vente des terrains à son concurrent.
«Il y a eu quelques irrégularités dans le dossier de Sobeys», a expliqué Martin Allaire, vice-président immobilier et ingénierie chez Metro. Selon l'épicier québécois, Sobeys a enfreint les règles en dévoilant le montant de son offre d'achat, soit 6,5 M$, dans les documents remis au CLD plutôt que de le glisser dans une enveloppe cachetée.
Sobeys a également conclu une entente avec le CLD pour contourner l'injonction de Metro. Le géant de la Nouvelle-Écosse a prêté 5,5 M$ à l'organisme pour lui permettre d'acquérir lui-même les terrains du chemin Senator, auprès de la SIQ.
Une copie de l'entente obtenue par l'hebdomadaire La Frontière, propriété de Quebecor Media, indique que les 5,5 M$ ont été prêtés sans intérêt au CLD. Ce dernier s'est même engagé à ne pas vendre les terrains à un concurrent de Sobeys.
«Je ne peux pas commenter parce que nous sommes devant les tribunaux», a affirmé Anne-Hélène Lavoie, porte-parole de Sobeys. Argent a également contacté le directeur général du CLD de Rouyn-Noranda, André Rouleau, mais ce dernier n'a pas eu l'occasion de retourner notre appel.
La Cour supérieur devait déterminer vendredi les modalités entourant le déroulement, le nombre de jours d'audience notamment. Mais Metro et Sobeys ont demandé un délai de quelques semaines avant de soumettre certains documents, nécessaires à la préparation du procès. Ils reviendront au tribunal le 11 mars.
Metro veut que le tribunal disqualifie la proposition de Sobeys et que la sienne soit retenue.
«Rouyn est un secteur où nous sommes absent depuis quelques années. Depuis que Sobeys a acheté ADL, l'entreprise qui détenait les franchises Metro en Abitibi.», a dit M. Allaire.
Il a souligné que les magasins ont ensuite adopté la bannière IGA. Depuis, Metro a lancé une succursale Super C à Val d'Or, son seul établissement en Abitibi.